Si Jerry Bruckheimer et Joseph Kosinski ont réussi un tour de force en 2022 en proposant une suite solide (et même supérieure) à Top Gun premier du nom, on ne peut malheureusement pas en dire autant avec la franchise Beverly Hills Cop.
Si les trois premiers volets n’ont jamais été de grands films, ils proposaient toutefois un divertissement honnête. Des comédies policières assez efficaces reposant sur mélange d’action et d’humour bien dosé. Leur principal atout résidait dans la prestation d'Eddie Murphy, qui déployait à l'époque une énergie débordante dans l'interprétation de son personnage d'Axel Foley, flic casse cou et baratineur. Une énergie qui en 2024 semble s'être évaporée.
Dans ce Beverly Hills Cop - Axel F. balancé sur Netflix, la supercherie est dévoilée dès les premières minutes. Les morceaux iconiques de la franchise péniblement remixés à la sauce 2020 et les sourires forcés d'un Eddie Murphy au visage usé par les affres du temps ne parviendront pas à nous faire replonger dans le mood des films précédents. Le scénario manque cruellement d’enjeu et d'originalité, les ficelles scénaristiques comme les intentions des producteurs sont bien trop grosses pour nous transporter. La mise à l’écart relative de Judge Reinhold, cantonné à un rôle presque anecdotique, participe à cette impression de rendez-vous manqué. À la place, le film choisit de recentrer l’intrigue sur la relation entre Axel et sa fille avocate, traitée de manière convenue. Kevin Bacon, l'antagoniste du film, n'a malheureusement rien à proposer tant son personnage est inexistant. Les scènes d’action sont molles et la réalisation bancale. Aucun scène n'est mémorable. Sans parler de l'humour, qui ne fait jamais mouche
C'est l'encéphalogramme plat. Ni bon ni très mauvais, mais paresseux et trop formaté. Une production axée sur la nostalgie, bourrée de clins d'œil aux précédents opus, mais sans réelle étincelle de vie.
Eddie Murphy n'aura hélas pas eu la carrière qu'il méritait.