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Lumière d'été
Peinture incroyablement touchante d'un été lumineux au bord du Lac d'Annecy, et de la ridicule mais émouvante complexité de jeux amoureux précieux et puérils, "le Genou de Claire" est le cinquième...
le 9 juil. 2016
J'ai un étrange et singulier rapport avec le Genou de Claire, c'est un film qui m'agace et me fascine à la fois. Ca m'agace parce c'est du Rohmer et que ça bavasse et ça bavasse sans s'arrêter, mais curieusement, certains propos sont subtils, bien que noyés dans un véritable verbiage masturbatoire et superficiel. Ca me fascine parce que justement, j'ai parfois du mal à me détacher de ce bavardage envahissant. Est-ce du masochisme ou de l'inconscience ? Est-ce que je souffre d'une pathologie inconnue ? Je n'en sais rien. En plus, la mise en scène statique et ultra académique de Rohmer n'a vraiment rien d'excitant, tout comme voir des gens très bourge palabrer de façon un peu pédante sur l'amour et la morale me laisse indifférent.
Mais surtout, ce qui m'attire inconsciemment je crois, c'est le décor des bords du lac d'Annecy, la description estivale du lieu qui sert d'écrin à ce marivaudage philosophique est véritablement splendide, Rohmer a su capter cette lumière si particulière qui donne beaucoup de corps à un film qui au premier abord, n'a rien pour me séduire. Est-ce parce que j'ai vécu enfant 2 ans à Annecy et que ça m'a rappelé de doux souvenirs ? c'est possible que la fascination étrange qui me lie à ce film ne soit pas étrangère à cette perception.
Il y a enfin le jeu brillant et plein de charme de Brialy sur qui le film repose, je crois que s'il n'était pas là, ça perdrait 95% de sa valeur, parce que écouter des dilemmes moraux, des affaires sentimentales, des frustrations d'adolescente et la complexité du jeu amoureux, ça va bien un moment. J'ai l'impression que les personnages récitent leur texte, surtout celui de la romancière, heureusement que Brialy parait plus naturel, mais cette dissertation intimiste finit par ressembler carrément à une version filmée d'un texte littéraire, et par endroits, c'est énervant. En gros, on assiste à un défi quasi libertin de toucher de genou, symbolisant la passion charnelle d'un séducteur mûrissant, c'est presque du fétichisme.
Sans doute que tout ceci aurait été mieux à lire dans un bouquin, le sujet est trop littéraire et trop intello pour moi, mais voila, c'est un conte intimiste aux a-côtés barbants, héritier de la Nouvelle Vague, qui au passage permet de voir le tout jeune Fabrice Lucchini, mais qui parvient à décrire joliment un été lumineux en utilisant un décor merveilleux.
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Créée
le 15 sept. 2018
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