Grand classique du ciné expressionniste allemand, et film plutôt essentiel. Alors oui, il y a ce travail sur l'esthétique expressionniste, qui prend ici une sacrée dimension (les décors du ghetto semblant vraiment grands, avec plein de figurants), et soutenus par des effets spéciaux plutôt réussis pour l'époque. Mais il y a aussi cet équilibre assez étonnant dans le ton du film. En fait, cette version, celle de 1920, est un remake du même film que Weneger avait fait en 1915, et à la suite duquel il avait fait un Le Golem et la Danseuse qui avait un ton plus comique. Ici, il y a du fantastique ésotérique, du drame romantique, et des scènes de comédie, et ça marche, c'est équilibré. Et si oui, le film annonce assez clairement le Frankenstein de James Whale, on a aussi ce plan superbe du Golem, trainant Miriam derrière lui, digne d'un dessin de Frazetta...
(Sinon, on peut rester étonné que, vu l'époque et le pays de production du film, on ait une vision de la communauté juive aussi peu imprégnée par les clichés qui feront si facilement florès peu de temps après...)