Vers 1900, dans un pays d'Amérique latine, trois rebelles révolutionnaires convoient la fille du chef de l'Etat que leurs troupes viennent de kidnapper.
Robert Hossein filme en scope et en noir et blanc de beaux paysages, étendues arides ou montagnes rocailleuses, et le beau visage de Giovanna Ralli. Reste à animer le cheminent taciturne du trio de guérilleros et de leur otage. Et c'est bien le problème du film. Ni le propos invoquant la violence des hommes à travers leurs luttes pour le pouvoir ou leurs dissensions -ainsi les trois qui n'ont pas les mêmes objectifs- ni les incidents de parcours ne sont à la hauteur de l'ambition portée par le film.
Beaucoup de clichés, à commencer par les allures très "révolutionnaires mexicains" des rebelles et le bruit des rafales de vent, et une action sans envergure ni intensité dramatique donnent le sentiment d'un film qui tourne à vide. Le comportement des personnages n'est pas réaliste et les dialogues sont très faibles.
Aux confins de l'exercice de style, Hossein propose une dramatisation dépouillée et impersonnelle. Les dernières scènes, sur fond de chansons latino-américaines, sont les plus réussies et ne sont pas sans lyrisme. C'est sans doute parce que les personnages y parlent et y agissent encore moins.