Pour le coup, un bon Bacri-Jaoui.
Film subtil montrant et démontrant à quel point on se trompe toujours sur l'image qu'on se fait d'autrui, qui n'est jamais qu'un reflet déformé de notre propre identité fantasmée. Les séparations et les catégories s'entrechoquent, dans un mouvement bien rythmé où tout y passe : la beauferie rurale, le parisianisme, les snobs, les intermittents, la drogue, le deal, l'homosexualité, le sexisme, le célibat, le libertinage, le mariage, le travail, etc. Il manquait peut-être le racisme, mais l'occasion ne s'est sans doute pas présentée.
On se forge nous-mêmes en tant que spectateurs des automatismes de préjugés sur chaque rôle apparaissant. Et on se surprend à être surpris par les intelligents petits dénouements bien dosés dans chacune des histoires parallèles qui se croisent dans un ballet d'ensemble tout à fait cohérent et adroit. On se croyait malin à juger et préjuger d'un.e tel.le et finalement on se retrouve bête à devoir s'admettre qu'on a eu tort, tout en étant content de constater s'être trompé.
Un beau film sur la confiance, l'amour, la sortie de sa zone de confort, le courage de l'auto-critique, avec de vraies questions sur les compromis à faire avec soi-même lors de la rencontre avec l'autre.