On reprend l’équipe au quasi-complet qui a accouché l’année précédente de Flic ou voyou avec l’envie évidente de refaire le plein au box-office mais on change ici de ton. À une solide intrigue policière succède une comédie d’espionnage brouillonne et mal ficelée. Tout est sacrifié à sa vedette qui cabotine joyeusement pour combler les lacunes d’un scénario paresseux ne semblant fonctionner que par séquences pour offrir une illusion de cohérence. Même si les morts s’accumulent, le ton ne parait jamais sérieux tant le prétexte est improbable et les singeries de Bébel en décalage avec certaines situations. Ajoutons à cela une double introduction laborieuse, des cascades collées de façon plutôt ubuesque (un hélicoptère qui passe par là, un bateau ici), des passages peu lisibles et des personnages mal dégrossis qui viennent et disparaissent, et on aboutit à un film prétexte totalement décousu.


On a ainsi affaire à une pure Belmonderie avec cascades, castagne, traits d’humour, nombreuses femmes dénudées et acteurs de sa bande. L’ensemble est parfois drôle, parfois prenant, parfois complètement à côté de la plaque et constitue un divertissement inégal mais qui amusera toujours les amateurs de Bébel. On ne se prend pas la tête, on profite de Venise, de seconds rôles amusants, on regarde les scènes s’enfiler les unes après les autres même si certaines péripéties semblent posées ici ou là en catastrophe. Philippe Sarde reprend, par moments, des thèmes de son précédent film, Audiard est en petite forme et certains acteurs, qui paraissent sous-exploités, font que la comparaison avec Flic ou voyou est difficile à soutenir.


De la trilogie Lautner-Belmondo-Audiard tournée entre 1979 et 1981, Le Guignolo est incontestablement le film plus faible. Son intrigue est lâche, ses personnages pas assez travaillés, ses situations tarabiscotées. Pour le coup, le film sert uniquement la soupe à sa vedette. Il faut donc en être fan pour pardonner les innombrables faiblesses de l’ensemble. On pourra alors, et dans ce cas seulement, apprécier certaines scènes amusantes et un certain cinéma aujourd'hui disparu.

Créée

le 25 janv. 2022

Critique lue 252 fois

PIAS

Écrit par

Critique lue 252 fois

11
3

D'autres avis sur Le Guignolo

Le Guignolo

Le Guignolo

5

Play-It-Again-Seb

1138 critiques

Une Belmonderie à Venise

On reprend l’équipe au quasi-complet qui a accouché l’année précédente de Flic ou voyou avec l’envie évidente de refaire le plein au box-office mais on change ici de ton. À une solide intrigue...

le 25 janv. 2022

Le Guignolo

Le Guignolo

5

Val_Cancun

2673 critiques

L'espion qui m'a tirée

Même en étant fan de Jean-Paul Belmondo, pour avoir suivi ses pitreries bondissantes tout au long de ma jeunesse, force est de reconnaître que ce "Guignolo" ne fait pas partie de ses principales...

le 24 juil. 2016

Le Guignolo

Le Guignolo

4

Anne-C

8 critiques

Le Guignolo, c'est pas le meilleur de Belmondo

Avec des dialogues écrits par Michel Audiard on s'attendait à quelque chose de construit, de drôle, de culte. Au final, les gags sont aussi lourds que l'histoire et on se retrouve face à cette...

le 24 mai 2011

Du même critique

Le père Noël est une ordure

Le père Noël est une ordure

9

Play-It-Again-Seb

1138 critiques

Du culte en haut de la cheminée

La comédie est un art difficile et ingrat. Quand elle est ratée ou même moyenne, elle est plus vilipendée que les autres genres, sous prétexte qu’elle est prétendument moins ambitieuse et qu’elle...

le 24 mars 2022

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

7

Play-It-Again-Seb

1138 critiques

Le retour de la griffe Goscinny-Uderzo

Depuis la reprise de la série par Ferry et Conrad, nos amis gaulois avaient une sacrée gueule de bois. La disparition de René Goscinny avait déjà très sérieusement entamé la qualité des albums même...

le 22 oct. 2021

Terreur aveugle

Terreur aveugle

8

Play-It-Again-Seb

1138 critiques

Bottes de cuir sans chapeau melon

Le sujet de la proie aveugle n’est pas entièrement nouveau puisqu’il a déjà été traité dans, notamment, Seule dans la nuit quelques années plus tôt. Le parti-pris de ce film écrit par Brian Clemens...

le 18 nov. 2022