La juxtaposition d’images désordonnées du lac Léman (de nuit, de jour, en été, en hiver, en automne, par beau temps, sous la pluie, pendant un orage, du ciel, des nuages, des étoiles, des voiles d’un bateau de plaisance mais aussi de trains, de fils électriques qui défilent, de baigneurs, d’habitations éclairées et auxquelles il manque un raton-laveur !) où un couple (dont la femme est jouée par Clotilde Courau, 56 ans) pratique la voile (dont une course) et se prélasse sur la pelouse de leur jardin, constitue-t-elle un film ? Y a-t-il d’ailleurs un scénario (trois personnes citées au générique quand même !) à cette succession improbable d’images (beaucoup de plans fixes, souvent courts, parfois muets) ? A moins qu’il ne s’agisse d’un film de relaxation pour mieux s’endormir ? Une intelligence artificielle à qui on aurait donné les mots clés, couple, voile, lac Léman et météorologie, aurait fait mieux. Idem pour les images enregistrées par une caméra de surveillance des rives du lac. Collaborateur de Jean-Luc Godard, le réalisateur se prend, peut-être, pour Luis Buñuel (1900-1983), avec ses 2 films surréalistes, « Un chien andalou » (1929) et « L’âge d’or » (1930) qui avaient le mérite d’être originaux (pour l’époque) et plein d’humour noir et potache. Rien de tout cela ici. Il s’agit en fait d’un film typique de festival puisqu’il a obtenu une mention spéciale du jury œcuménique du 78e festival de Locarno !