Il est peu dire que je fréquente rarement les téléfilms allemands, mais le sujet (le cyberharcèlement, le danger des rencontres Internet) m'intéressait beaucoup : bien m'en a pris. Doté d'un excellent scénario et pouvant s'appuyer sur des personnages forts et constamment crédibles, « Le Lapin blanc » vise juste et sait nous faire passer par différentes émotions, le tout en osant plusieurs choix audacieux, sur le fond comme la forme. Loin d'être manichéenne, l'œuvre pose au contraire de vraies questions, sur le rapport que nous pouvons avoir avec les nouvelles technologies, bien sûr, mais surtout le sentiment d'étouffement dont nous pouvons parfois être victimes, aussi bien à cause des dérives informatiques que des manipulateurs hors-pair qui en ont fait leur terrain de jeu.
La grande intelligence du film est justement de faire de ce prédateur un personnage complexe, presque « attachant », du moins très intéressant. En avoir fait le personnage principal, en nuançant constamment son identité sans jamais être complaisant, je trouve ça vraiment très fort. Après, ce n'est peut-être pas aussi passionnant qu'espéré et certains aspects ne sont sans doute pas assez exploités, mais ce serait vraiment faire la fine bouche que de ne pas voir les très belles qualités d'une œuvre on ne peut plus d'actualité, osant beaucoup de choses et les réussissant en grande majorité : une fois n'est pas coutume, merci l'Allemagne.