Un libraire sans librairie, un rappeur couvert de cicatrices, un punk dyslexique féru d’opéra qui rêve d’aller en Amérique et une serveuse qui veut devenir chanteuse. Ce petit monde gravite autour d’un noyau, à savoir Belfast, capitale de l'Irlande du Nord, ville meurtrie par des années de violence et un chômage endémique.
Alessandra Celesia (La Mécanique des choses - 2023) réalise ici de magnifiques portraits, tendres et touchants. On fait la rencontre de John Clancy, cet ex-librairie avec lequel on prend énormément de plaisir à écouter, Jolene Burns, une serveuse qui participe à X-Factor (un concours de chant) et enfin, Robert & Connor Clarke, deux frangins diamétralement opposés (l’un est rappeur et l’autre passionné d’opéra et incollable sur l’Italie).
« Faut pas priver un homme de ses rêves. C’est comme amputer son âme. »
On prend un réel plaisir à aller à leur rencontre, voir John Clancy prendre soin de ses livres comme s’il s’agit de ses enfants (il leur parle et les rafistole), écouter Connor Clarke fredonner du Giacomo Puccini entre deux joints de beuh et s’imaginer aller vivre à Detroit ou devenir chasseur de primes.
Le Libraire de Belfast (2011) est sans fioriture et un très beau documentaire, seul regret, qu’il ne dure pas plus longtemps que ses 53 petites minutes.
⦿ http://bit.ly/CinephileNostalGeek ⦿ http://twitter.com/B_Renger ⦿