MOTHER, retitré LE LIEN DU SANG, est un film très dur. On est dans du cinéma social, quelque part entre Ken Loach (sans la critique des institutions) et Hirokazu Kore-Eda (sans le côté lumineux de son excellent UNE AFFAIRE DE FAMILLE). Le chemin de vie que cette mère irresponsable trace pour son fils est éprouvant. Elle rackette ses parents et sa sœur. Elle dilapide ses maigres revenus dans les jeux et l’alcool. Elle s’accoquine avec des individus peu fréquentables sur le plan moral. Tout cela sous les yeux de son fils qui, entre les mains et sous l’emprise de cette mère indigne, devient un instrument de chantage. Un instrument dont elle se débarrasse une fois son butin obtenu, dans ce petit appartement sans chauffage ni électricité. Ces gens là ne vivent pas au bord du précipice. Ils sont déjà tombés. Ils n’attendent que le choc avec le sol.
La grisaille qui nimbe cette histoire, cette photographie terne et sans chaleur, crée une atmosphère irrespirable. Amoureux de feel-good movie, s’abstenir.
Les acteurs sont particulièrement bons, surtout Sho Gunji, qui joue Shuhei enfant.
Et la réalisation est solide. Je retiendrais ce plan, poignant, sur le visage de Shuhei, plongé dans le noir de l’appartement, simplement éclairé par la lumière du portable qui le relie à sa mère absente. On y lit le dénuement matériel et affectif de ce garçon, mais aussi sa dépendance à cette figure maternelle. Tout est dit dans ce plan.