Le loup de Wall Street ou comment un courtier du nom de Jordan Belfort, a fait trembler l'Amérique dans les années 1990. Ce biopic, réalisé par Scorsese, met en scène la débauche quotidienne des courtiers travaillant au sein de la société Statton Oakmont fondée par Jordan Belfort et interprété à merveille par le talentueux Léonardo Dicaprio .
Pourtant parti de rien, Belfort, bel homme, charismatique et surtout beau parleur, a su se hisser en haut de l’échelle en engrangeant des bénéfices spectaculaires. Un seul objectif: vendre des actions et faire du bénéfice. Peu scrupuleux et négligeant les bonnes pratiques, Belfort se fiche de ruiner ses clients. Une seule devise:“Personne ne raccroche le téléphone avant que le client n’achète ou ne meure !”
Tout cela est donc loin d'être légal mais Belfort s'en fiche royalement. Empochant jusqu'à 1000$ par minute, le terrible démagogue s'enrichit au détriment d'investisseurs naïfs qui rêvent de gloire. Belfort se fait une place au sein de la jungle boursière et profite de la vie de milliardaire. Excès en tous genres, il en veut toujours plus: argent,pouvoir, drogues, sexe…Succombant à toutes les addictions, il est pris dans une spirale infernale. Une ascension fulgurante qui le mènera à sa perte…
Le loup de Wall Street dresse un portrait choc et peu glorieux du monde de la finance. Cette satire dépeint la bêtise sur laquelle est fondé le rêve américain,un empire futile bâti sur l'arnaque, la manipulation et l'argent facile. Le film s'articule autour de multiples paradoxes; plaisirs et descente en enfer, montrant un Belfort aussi bien fascinant que détestable, en proie à des délires aussi bien hilarants que tragiques…Prétentieux, cynique, misogyne, affichant une opulence sans gêne, Belfort est une ordure. Et pourtant, le destin extraordinaire de cet homme fait que l'on s'attache finalement à lui. Tout au long du film, on est partagé entre l'idée de vénérer Belfort, de le détester ou d'avoir pitié de lui.
Le loup de Wall Street est incontestablement l'un des meilleurs films de Scorsese. Réunis pour la cinquième fois, le duo Scorsese/Di Caprio fait fort pour ce film. Des scènes déjà cultes: entre les orgies à répétition, le briefing surprenant que fait Mark Hanna (Matthew McConaughey) à Belfort lors de son premier jour à Wall sreet, le Lemmon 714, l'hôtesse de l'air importunée par un Leonardo Dicaprio complètement défoncé et hystérique, ou encore le naufrage du yacht que Belfort avait offert à sa femme…. L'hystérie générale nous envahit, avec cette sensation qu'il n'y a aucune limite dans la débauche.
Et que dire des performances des acteurs? C'est juste prodigieux. Dicaprio prouve pour la énième fois son talent dans l’ interprétation de personnages torturés et enclin à la folie. Des pétages de plombs dont seul Dicaprio est maître. Jonah Hill, le pote de débauche de Dicaprio dans le film, apporte une touche décalée. Il a confié n'avoir touché que 60.000$ pour le rôle déjanté de Donnie Azoff en avouant qu'il aurait donné tout l'or du monde pour avoir ce rôle. Margot Robbie, la nouvelle louve d’ Hollywood est juste sublime à l'écran. Un rôle qui a été convoité, avec des actrices pressenties telles que Amber Heard ou encore Blake Lively. Mais c'est finalement Miss Robbie qui a été choisie pour interpréter Naomi.
Les acteurs plus secondaires apportent également beaucoup au film: Kyle Chandler, qui joue le flic traquant Belfort. Une scène percutante sur le yacht de Belfort, où l'on se demande s'il va se laisser séduire par la parole de Belfort. Jean Dujardin hilarant dans le rôle du banquier suisse et surtout Matthew McConaughey, en mentor déjanté du futur Wolf of Wall Street.
Sans prendre de pincettes pour relater l'histoire de Jordan Belfort, Scorsese nous offre un portrait pour le moins fidèle à celui de Belfort. Trois heures époustouflantes qui nous offre du grand Cinéma!