J'ignorais complètement l'origine du nom du groupe canado-états-unien de hard rock, Steppenwolf, qui avait composé la musique (Born To Be Wild, en premier lieu) du film devenu emblème de la génération hippie des années 1960-1970, "Easy Rider". Il m'aura donc fallu attendre la découverte de cet étrange et méconnu ofni sorti de nulle-part, "Le Loup des steppes", unique réalisation de Fred Haines, pour comprendre qu'il s'agit en réalité d'une référence (et ici d'une adaptation littérale) au roman allemand de Hermann Hesse — qui lui aussi constituait un élément culte de la culture hippie. La découverte est de taille, mais cela n'a pas pour autant rendu le visionnage particulièrement agréable.


Max Von Sydow incarne le protagoniste, un écrivain enfermé dans sa solitude, tourmenté par les multiples personnalités qui semblent l'animer — il en est intimement persuadé. Il se sent partagé entre sa part d'être humain et sa part d'animal, plus précisément encore entre son attirance pour les milieux bourgeois et le luxe de son époque (l'Allemagne des années 1920) et la bête qui sommeille en lui se matérialisant sous la forme du loup des steppes éponyme. Son degré de désespoir est tel qu'il songe à fixer lui-même la date de sa mort en programmant son suicide le jour de son cinquantième anniversaire... Mais c'était sans compter sa rencontre avec une mystérieuse Hermione, Dominique Sanda, une femme étrange qui le sauvera en même temps qu'elle l'introduira à un monde d'hallucinations notoires, le "théâtre magique". Et en l'occurrence, c'est un déluge de délires réalisés sous psychotropes puissants (le LSD n'existait pas à l'époque de Hesse, mais aucun doute quant à l'époque du film, les pastilles multicolores devaient abonder) : le film nous gratifie de nombreuses séquences complètement bizarres, avec animation et effets visuels probablement très avant-gardistes en son temps — mais incroyablement désuets, et amplifiés par une musique abominable et envahissante. Dans le champ on remarque la présence surprenante de Pierre Clémenti, dans certains rêves hallucinatoires il incarne Mozart qui vient taper la discute avec Sydow aux côtés de Goethe. Sans doute que dans les 70s les amateurs y trouvaient leurs money shots psychédéliques, mais aujourd'hui ça reste très campy et largement incompréhensible.

Morrinson
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le 7 avr. 2025

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Morrinson

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