8
le 14 avr. 2024
SuivreAube d’orée
Revigorante rupture que celle opérée par Ryusuke Hamaguchi : après des films volontiers verbeux et littéraires, explorant les complexes oscillations des rapports humains et amoureux, Le Mal n’existe...
[Noté 9/10 après un premier visionnage en salles le 3/05/24. Mise à jour le 9 février 2025 pour une note de 8.25/10 car il est vrai que la fin laisse un peu trop de place à une interprétation essentialisante sur la nature humaine et pas assez de précisions sur les raisons de la colère de Takumi.]
Résumé
Très beau film, qui évoque à la fois la dégradation de la nature et les ravages d'une vision bourgeoise, citadine et prédatrice de la campagne. Proche de la perfection esthétique, il déçoit légèrement avec une fin qui laisse un peu trop de place à des interprétations conservatrices.
Détails (et quelques spoilers)
Construit avec une grande pertinence, Le mal n'existe pas dévoile paisiblement la beauté de ce somptueux village japonais pendant plusieurs dizaines de minutes. La rupture n'en est que plus saisissante lorsque la focale passe sur les promoteurs du glamping, leurs bureaux et leurs trajets autoroutiers.
Les dialogues, peu présents en première partie de métrage, sont très réussis par la suite, notamment lors de l'excellente scène de la réunion publique. Ryusuke Hamaguchi parvient très bien à dénoncer les problèmes qui se présentent en jouant du manichéisme tout en utilisant une palette de personnages variée permettant de renforcer la subtilité de son propos.
Le fait de se focaliser sur des cadres intermédiaires permet ainsi de jouer sur l'absurdité de leur tâche, dont iels se rendent bien compte face à la justesse des habitant·e·s et à l'opposition entre cette nature apaisante et les demandes minables de leur patron. Le propos sur la chasse n'est pas très approfondi mais il y a toutefois une toile de fond intéressante à ce sujet.
Enfin, le film se termine sur un choix discutable de mise en scène, qui ne permet pas réellement de bien saisir la teneur du message général- et notamment celui relayé par le titre du film. Le fait d'avoir plusieurs pistes d'interprétation possibles n'est pas inintéressant et fait travailler la réflexion. Mais le risque est que cette conclusion laisse trop de place à un discours essentialisant sur la nature humaine, laissant de côté la dimension politique du film. Et donnant une importance trop grande à une lecture philosophique conservatrice lacunaire au détriment d'un propos sociologique qui aurait pu faire de ce métrage un film extraordinaire.
8.25/10
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 3 mai 2024
Modifiée
le 10 févr. 2025
Critique lue 6 fois
8
le 14 avr. 2024
SuivreRevigorante rupture que celle opérée par Ryusuke Hamaguchi : après des films volontiers verbeux et littéraires, explorant les complexes oscillations des rapports humains et amoureux, Le Mal n’existe...
7
le 11 avr. 2024
SuivreC'est la première fois (du moins à ma connaissance, en ne se basant que sur le fait que j'ai vu tous ses films que depuis Senses !) que le réalisateur Ryūsuke Hamaguchi ne situe pas principalement...
5
le 13 avr. 2024
SuivreJ'étais enthousiaste à l'idée d'aller voir Le mal n'existe pas : un film japonais, contemplatif et esthétique, un conte écologique, le tout par Ryusuke Hamaguchi, le réalisateur de Drive my car, un...
3
le 8 mars 2024
SuivreDerrière une animation sympathique et un scénario ultra léger se trouve une critique du fascisme assez laconique, mais surtout un sexisme choquant.Comme souvent, la secte Miyazakiste n'en pipe mot et...
8
le 27 mars 2023
SuivreCet ouvrage fait partie des recommandations les plus élémentaires pour toute personne souhaitant être plus au clair avec la société dans laquelle elle ou il vit. Les questions qu'il pose et les...
7
le 5 févr. 2025
SuivreRésuméUn film touchant et plutôt pertinent politiquement, même si les intrigues sont inégales en qualité et que certains dialogues semblent un peu trop mécaniques et artificiels pour nous embarquer...