Avec "Le Maure de Karatas", Adilkhan Yerzhanov nous plonge dans un univers aussi sombre et froid que coloré et mystique qui pourra en rebuter plus d'un, notamment de par son rythme assez lent alors que c'est pourtant cet aspect qui, selon moi, sauve le film d'un goût de déjà-vu.
Moor est un est déserteur mutique et frappé de traumas de la guerre. À son retour dans une ville sombre marquée par la corruption, les gangs etc., il découvre que son frère a disparu, laissant derrière lui des dettes, un enfant et une femme mannequin. Avec cette dernière, ils vont essayer de s'en sortir. Alors, pour être honnête, je trouve le scénario assez brouillon.
Le film est particulièrement stylisé, le réalisateur a tout misé sur cette mise en scène contemplative, avec des plans particulièrement bien travaillés qui emportent tout de suite le spectateur. Ils sont tous marqués d'une certaine intensité, surtout lorsqu'ils sont accompagnés de cette B.O. répétitive mais entrainante et captivante ; le film ayant d'ailleurs parfois des airs de "Drive", surtout avec cet anti-héros renfermé sur lui-même qui ne prononce pas un mot.
C'est très bon mais c'est donc au détriment d'une structure claire et ainsi, même si le scénario est relativement classique, je trouve l'ensemble quelques fois dur à suivre ; il est par exemple facile de se perdre entre tous ces personnages dont le rôle reste quelques-fois assez flou.
Mais, encore une fois, je me suis davantage laissé emporter par la forme et je n'ai ainsi pas vraiment cherché à comprendre mais plutôt à contempler et ça fonctionne très bien car le réalisateur maitrise parfaitement son art.