On ne va pas se mentir, on n’est pas face au film du siècle. Ici, c’est comme voyager en seconde classe dans un train confortable, sur un itinéraire parfaitement connu. Rien ne surprend, mais tout se déroule sans heurt.
Le schéma est celui des k-dramas les plus classiques : une lycéenne a un crush pour le beau gosse sportif qui plaît à toutes, tandis qu’un nouvel arrivant, plutôt timide et réservé, dans son quartier et son lycée tombe amoureux d’elle. Peu à peu, elle tisse des liens avec lui, jusqu’à comprendre que ce dernier compte bien plus que son idéal de départ.
Et pourtant, malgré ce formalisme assumé, le film parvient à toucher par sa sincérité, malgré un rythme un peu inégal.
Shin Eun-Soo porte l’ensemble avec une énergie douce et ce charme de petit chat qui rend son personnage immédiatement attachant. Je l’avais découverte dans Twinkling Watermelon et son visage possède un côté sauvage et rebelle que j’aime beaucoup. Ici, elle dévoile une facette plus lumineuse, toujours aussi juste et touchante.
Quant à Gong Myung, auquel je suis habituellement assez hermétique, il m’a surprise. Sans adhérer à son physique, j’ai trouvé son jeu plus juste, plus incarné, comme s’il trouvait enfin une place qui lui correspond.
Et puis il y a Cha Woo-min. Il n’a pas encore le rôle principal, mais il a déjà la présence qui les justifie, dans chacune de ses apparitions (et quelles qu'elles soient).
Au fond, le film touche là où on ne l’attend pas forcément. Derrière son apparente banalité, il pose une question simple : vaut-il mieux être aimé pour ce que l’on est réellement, ou se transformer pour correspondre à un idéal qui ne nous ressemble pas ? Et surtout, pour plaire à tout prix à quelqu’un qui ne nous correspond pas. Un thème que le film effleure plus qu’il n’explore réellement.
À travers ces injonctions, esthétiques, sociales, presque universelles, le film rappelle que s’accepter n’est jamais évident. Mais lorsqu’on rencontre quelqu’un qui nous aime tel que l’on est, rien n’est plus précieux.
C’est sans doute dans cette sincérité, discrète mais réelle, que le film trouve sa justesse.