Deux meurtres de femme sont commis à peu de temps de distance et dans les mêmes circonstances. Leurs maris respectifs sont soupçonnés par la Police. En 1963, Autant-Lara est au creux de la (nouvelle) vague et après la sortie différée de Tu ne tueras point, il tourne de façon rapprochée Le meurtrier et Le magot de Josefa, deux échecs commerciaux. Seule incursion du cinéaste dans le polar, Le meurtrier est adapté de Patricia Highsmith avec certaines réminiscences de L'inconnu du Nord-Express. Mais Autant-Lara n'est visiblement pas très à l'aise avec le genre et maltraite les aspects psychologiques de son intrigue, pourtant essentiels, hormis dans une dernière partie, plus nerveuse, où les deux suspects se jettent leurs présumés crimes à la figure alors que le policier chargé des affaires fait montre d'une grande perversité pour les faire avouer. Au-delà du fait qu'aucun des protagonistes n'est sympathique, l'interprétation n'est pas vraiment de haute tenue, de Ronet à Fröbe en passant par Hossein, tandis que Marina Vlady ne fait que passer. Toutefois, pour ses défauts mêmes, et pour sa rareté, Le meurtrier reste un film intéressant car atypique dans la carrière du réalisateur.

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le 24 août 2018

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