Cette comédie sortie en 1936 réunit deux célébrités de l'époque, Michel Simon et Jules Berry, projetés dans la peau de deux acteurs ratés. Méprisés de tous, exaspérant leurs supérieurs et suscitant les railleries de leurs confrères, ils tiennent leur revanche ! Hector Trignol (Berry), cerveau du tandem, met en branle une performance audacieuse afin d'obtenir une publicité colossale. Ils vont mettre en scène un meurtre entre eux ; la victime disparaît pendant quelques temps et réapparaît au moment du procès, les médias s'emparent de l'affaire en deux temps.


Hector prend le rôle de la victime et confie celui de l'assassin à son acolyte. Malheureusement Hector et Achille (Simon) restent mauvais et rejetés jusqu'au-bout. La disparition d'Hector n'émeut personne, elle aurait plutôt tendance à soulager son entourage. Le film excelle en misant sur la dimension pathétique de ses deux bouffons assez tragiques dans le fond. Le traitement est même assez agressif, en tout cas sacrément condescendant. Michel Simon a le rôle de l'abruti complet chargé de l'essentiel du boulot. Pour être crédible en tant que tueur, il se taille une dégaine de gangster ; ses efforts ne font que susciter consternation ou dérangement.


Lorsqu'il surjoue pour se faire accuser par les policiers, il est excessif, médiocre, aberrant. Sa métamorphose ne frappe personne, tout au plus remarque-t-on qu'il a l'air plus ridicule et expansif que d'habitude. Et lorsqu'arrive enfin l'heure du procès, Achille berne son auditoire presque par chance tant la grossièreté de son jeu et la bêtise de ses mimiques sont manifestes. La suite est assez prévisible mais pas moins succulente. Le charme du Mort en fuite vient de son systématisme, sa surenchère un peu mesquine, cette façon de mettre en scène l'impuissance et la gaucherie totale d'un tandem de paumés. La mise en scène est irréprochable, sans interpeller ; André Berthomieu est un réalisateur prolifique mais 'anonyme', il laisse donc ses deux 'stars' libres d'épanouir leur fantaisie. Les répliques sont malines, les interprètes excellents.


Avec Michel Simon : La Beauté du Diable, Circonstances atténuantes, Le Quai des Brumes, Drôle de drame, L'Atalante, Boudu sauvé des eaux, La Passion de Jeanne d'Arc, La Poison


https://zogarok.wordpress.com/2018/08/27/le-mort-en-fuite/

Créée

le 27 juin 2015

Critique lue 830 fois

Zogarok

Écrit par

Critique lue 830 fois

5

D'autres avis sur Le Mort en fuite

Le Mort en fuite

Le Mort en fuite

6

AMCHI

6396 critiques

Vieillot mais amusant

Dites-moi ce qui vous tracasse comme ça ? Je suis condamné à mort. Ben voyons, il ne faut pas en faire pour si peu. Le Mort en fuite est un film français datant de 1936, donc on peut...

le 19 févr. 2021

Le Mort en fuite

Le Mort en fuite

7

greenwich

1421 critiques

Le mort en fuite (1936)

J'ai passé un bon moment en regardant cette comédie. L'histoire est originale et bien menée. On ne s'ennuie pas ! Les acteurs (Jules Berry et Michel Simon) sont excellents dans leur interprétation de...

le 22 janv. 2014

Le Mort en fuite

Le Mort en fuite

7

Zogarok

1640 critiques

Bouffons jusqu'au-bout

Cette comédie sortie en 1936 réunit deux célébrités de l'époque, Michel Simon et Jules Berry, projetés dans la peau de deux acteurs ratés. Méprisés de tous, exaspérant leurs supérieurs et suscitant...

le 27 juin 2015

Du même critique

Les Couloirs du temps - Les Visiteurs II

Les Couloirs du temps - Les Visiteurs II

9

Zogarok

1640 critiques

Apocalypse Now

La suite des Visiteurs fut accouchée dans la douleur. Des fans volent des morceaux de décors, le tournage est catastrophique, l'ambiance entre Muriel Robin et le reste de l'équipe est très mauvaise...

le 29 juin 2014

Kirikou et la Sorcière

Kirikou et la Sorcière

10

Zogarok

1640 critiques

Le pacificateur

C’est la métamorphose d’un nain intrépide, héros à contre-courant demandant au méchant de l’histoire pourquoi il s’obstine à camper cette position. Né par sa propre volonté et détenant déjà l’usage...

le 11 févr. 2015

Le Conformiste

Le Conformiste

10

Zogarok

1640 critiques

Le fantôme idéaliste

Deux ans avant le scandale du Dernier Tango à Paris, Bertolucci présente son premier film majeur. Inspiré d’un roman de Moravia (auteur italien le plus fameux de son temps), Le Conformiste se...

le 4 déc. 2014