Chef d'œuvre oublié du cinéma espagnol sous l'ère franquiste. On a beaucoup vu "Le muchacho" comme une tentative d'adaptation espagnole du néo-réalisme italien et comparé le film au "Voleur de bicyclette" de Vittorio de Sica. Moi j'y ai plutôt vu une réadaptation du "Kid" de Charlie Chaplin, où encore une fois le gamin vole la vedette aux adultes. Le gamin, c'est Pablito Calvo, enfant star espagnol des années 50, découvert par le même réalisateur, Ladislao Vajda, dans "Marcelin, pain et vin" l'année précédente. Du haut de ses 7 ans, on ne voit que lui dans le film avec sa bouille d'enfant de chœur. Les références au cinéma burlesque sont légion dans une mise en scène aux dialogues sobres et à l'efficacité visuelle indéniable. Comment a-t-on pu prendre ce film pour un néo-réaliste, lorsqu'en guise d'introduction, un âne de met à se tordre de rire lorsque le petit Pepote veut jouer au toréador avec lui ? N'y voir qu'une tentative d'imitation du néo-réaliste parce que le film montre une certaine misère sociale, est vraiment sous-estimer ce petit bijou.
Un mention spéciale aux décors sublimes et à la très belle photo du film. Son réalisateur Ladislao Vajda, passera longtemps sous les radars des cinéphiles, malgré un début de carrière où il avait côtoyé quelques futurs grands noms, comme Billy Wilder ou Henry Koster. Mais isolé dans un cinéma espagnol cloisonné sous Franco, on ne découvre que maintenant son âge d'or durant les années 50...