Je viens de réaliser que c'est Luigi Bazzoni qui a réalisé "La Femme du Lac" que j'ai beaucoup aimé récemment. Drôle de hasard d'avoir enchaîné ces films sans le savoir ("Le Orme" est depuis longtemps dans ma wishlist).
Comme dans "La Femme du Lac", on retrouve un personnage qui déambule dans un lieu inconnu comme dans un rêve éveillé, mais cette fois, c'est une femme, jouée par la charismatique Florinda Bolkan.
Alice a inexplicablement perdu la mémoire pendant deux jours. Elle va se lancer dans une quête entre rêve (elle est hantée par un rêve récurrent) et réalité pour retrouver ses souvenirs effacés. Cette quête va l'emmener sur une île turque Garma où tout le monde semble se souvenir d'elle - sous un autre nom et un autre aspect physique. Les rencontres bizarres s'enchaînent, tandis que des bribes de souvenirs reviennent peu à peu...
J'adore ce genre d'histoire en puzzle et ce genre d'atmosphère onirique. "La Femme du Lac" était un cauchemar éveillé en noir & blanc; "Le Orme" est un cauchemar éveillé éblouissant de couleurs et de soleil. Les décors et les architectures de l'île imaginaire de Garma (tournage à Phaselis et Kemer) sont somptueux. J'ai particulièrement aimé le palais à la fin du film, avec ses incroyables vitraux colorés si importants dans l'histoire. Le film bénéficie de la sublime photo de Vittorio Storaro.
Il bénéficie aussi de la présence intense de Florinda Bolkan, fascinante actrice élégante et un peu androgyne. Elle est parfaite pour ce rôle complexe, à la fois forte et fragile, oscillant entre certitude et déséquilibre. Elle arbore un visage dur et un regard noir à la fois interrogateur et opiniâtre.
Il y a enfin la belle B.O. de Nicola Piovani qui hante et rythme le lent voyage intérieur d'Alice.