Bad Cage: Agonie à la Nouvelle-Orléans

Deux ans après le délirant "Bad lieutenant- Escale à la Nouvelle-Orléans" où le cinéaste Werner Herzog avait parfaitement compris comment exploiter les "talents" d'interprète du schizophrène Nicolas Cage (c'est-à-dire en allant toujours vers l'excès), l'acteur le plus raillé de sa génération est de retour dans la ville dévastée par l'ouragan Katrina pour "Seeking justice", thriller hollywoodien beaucoup plus sage. Dans les mains expérimentées de Roger Donaldson, tâcheron plutôt en forme ces derniers temps ("Burt Munro", "Braquage à l'anglaise"), la folie Cage demeure hélas relativement inexploitée.

Dans ce thriller maladroit à l'ambiance artificiellement alourdie par de multiples et factices effets de manche, où le moindre figurant de second plan lance des œillades suspectes au héros (la scène du distributeur de barres chocolatées, un grand moment), où rien ne se révèle crédible ne serait-ce qu'une seconde, on suit donc péniblement l'habituelle fuite en avant d'un innocent que tout accuse, pris dans l'engrenage d'un complot qui le dépasse.
Toutes les recettes avariées du genre, tous les artifices narratifs (ellipses sans queue ni tête, flashbacks maladroits), tous les rebondissements tous plus invraisemblables les uns que les autres y passent. Les quelques séquences d'action sont désuètes et sans surprises (la traversée de l'autoroute, même Guillaume Canet l'a déjà fait dans "Ne le dis à personne" !).
Même en prenant "Seeking justice" au énième degré, le spectateur s'ennuie ferme, y compris lors d'un dénouement où les cascadeurs semblent s'être installés dans une léthargie molle, ne sortant de sa torpeur que pour se moquer ici d'une énormité scénaristique (la phrase de reconnaissance de l'organisation est aussi ridicule en version originale qu'en version française) ou là d'une inénarrable –mais plus rare qu’à l’accoutumée- mimique de son chouchou Nic Cage.

Le casting, très hétéroclite, ne soutient que très médiocrement l'acteur principal, la faute à un scénario négligeant ses seconds rôles et à des acteurs se demandant ce qu'ils peuvent bien faire là (Guy Pearce, guère convaincant en bad guy). Tout juste s'amusera-t-on des trajectoires décidément compliquées sur grand écran des stars de séries télévisées (Jennifer Carpenter totalement absente, ou January Jones, qui boude tout le temps).

On avait le vertige devant le potentiel de cette série B : Nicolas Cage dans un vigilante movie, aux prises avec une organisation facho mafieuse dont le but est l'autodéfense, comme dans "La Nuit des juges".
On est au final une nouvelle fois déçu par un énième thriller fainéant qui ne parvient même pas à se hisser au niveau d'un téléfilm de seconde partie de soirée.
Jérémy_Chéro
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le 8 sept. 2014

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Jérémy Chéro

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