Je me fais du souci.
J'ai sérieusement l'impression qu'Alain Cavalier a claqué le dernier plomb qui lui restait.
Au visionnage de ce film, une question s'impose : certes, il l'a fait, Cavalier, seul, mais Cavalier a l'air de prendre la place du fou.
Donc, notre bonhomme construit une sorte d'autel à la gloire d'un piaf mort.
Il met des clous rouillés dans une canette rouge de cola (périphrase pour ne pas employer le nom de Coca-Cola) pour voir si ça les dérouille (suspens...).
Il prend le jouet du gosse pour raconter l'histoire de l'Odyssée.
Avec un bout de bois tordu, il refait l'histoire de Job.
etc.
etc.
etc.
On a un peu l'impression d'avoir un gamin qui a un caméscope et qui s'amuse à filmer tout et n'importe quoi.
Sauf que le gamin, après, il balance pas ça sur grands écrans et en DVD.
La question est ici essentielle : est-ce que tout ce qui est filmé peut produire un film ?
Est-ce que les souvenirs de tata Jacqueline complètement pompette après un verre de mousseux le soir des funérailles de papy Jean suffit à faire une œuvre cinématographique ?
Si, comme Cavalier, je vais à ma fenêtre et filme les montagnes du Vercors, est-ce que ce sera projeté en salle ?
Loin de moi l'idée de dénigrer Alain Cavalier, dont j'ai adoré nombre de films, depuis La Chamade jusqu'au génial Libera me, mon préféré de sa filmographie. Bien sûr qu'il y a dans son œuvre à la fois une réflexion sur le cinéma et une liberté de ton assez unique.
Mais là, malgré le côté "petits bonheurs de la vie quotidienne", bien que le film baigne dans une douce folie qui peut avoir des aspects sympathiques et reposants, j'ai eu un peu l'impression d'un foutage de gueule.