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Le festival de Caan...
Tout a déjà été dit sur ce film, un des plus grands jamais réalisé. Tout le monde a vanté, un jour son casting impeccable : un Brando ressuscité, un Pacino naissant, bien loin de ses tics...
le 6 janv. 2011
Les parrains paranos.New York,1945.Le vieux Don Vito Corleone est le chef d'une des cinq principales familles mafieuses italo-américaines qui se partagent le crime organisé sur la ville.La guerre vient de se terminer mais les luttes de clans vont faire rage et s'envenimer,bouleversant l'ancien ordre des choses."Le parrain" est le premier chef-d'oeuvre d'un Francis Ford Coppola qui connaîtra de faramineuses années 70-80,en dépit de quelques injustes échecs publics et financiers,cette période faste se terminant avec son "Dracula" de 92.Mais là il signe une oeuvre inégalée bien que souvent imitée,l'acte de naissance du polar moderne vu par le Nouvel Hollywood.Ceux qui ont vu et trouvé excellent,à juste titre,"Le grand pardon",peuvent mesurer à quel point Alexandre Arcady a carrément tout pompé sur "The Godfather".Il faut dire que c'est du costaud avec Coppola à la réal,Mario Puzo,qui adapte son propre roman,au scénario,la Paramount à la prod,et un staff technique de légende.Dean Tavoularis,qui entame ici une longue collaboration avec FFC,est aux décors,Gordon Willis,chef-op attitré de Woody Allen et Alan Pakula,s'occupe de l'incroyable photo qui multiplie les splendides clairs-obscurs mordorés,et le monteur Peter Zinner,titulaire de trois Oscars,pour "Le parrain","Voyage au bout de l'enfer" et "Officier et gentleman",gère parfaitement les scotchantes séquences de montage parallèle.Si on ajoute à ça la superbe musique de Nino Rota,célèbre complice de Fellini,avec notamment le fameux thème que Dalida chantera plus tard sous le titre de "Parle plus bas",le compte est bon.Alors ce film,c'est quoi?Rien d'autre qu'une tragédie antique qui explore la criminalité américaine dans un monde d'après-guerre qui se transforme et bascule,mais aussi la famille,la tradition,la loyauté et la trahison,le pouvoir,la corruption et la puissance,la violence sans limite,un opéra sanglant et paranoïaque qui ne laissera personne indemne.La scène d'ouverture,une fête de mariage,est absolument extraordinaire,Coppola parvenant à coups de plans-séquences virtuoses à présenter tous les personnages essentiels de l'histoire avec une clarté telle qu'on sait d'emblée qui est qui et qui fait quoi,bien que les protagonistes soient nombreux.Pendant que la noce bat son plein à l'extérieur,Don Corleone enchaîne les apartés dans son bureau,où toutes sortes de gens viennent quémander toutes sortes de services,"des consultations diaphanes avec de joyeux mafiosos",comme dit Lavilliers.Le parrain distribue les indulgences mais rappelle aux solliciteurs que rien n'est gratuit et qu'il faudra un jour lui renvoyer l'ascenseur,ce qui arrivera effectivement dans le film.Dehors,c'est Connie,la seule fille du vieillard,qui épouse Carlo,une union qui ne sera pas heureuse.Et puis il y a les trois fils du Don,le bouillant Sonny,successeur naturel de son père,Fredo,le neuneu qui est le maillon faible,le boulet de la bande,et surtout Michael,le préféré du patriarche,celui qu'il veut préserver d'une vie de criminel,celui qui est parfaitement intégré à la société américaine et destiné à la plus grande réussite.D'ailleurs le jeune homme est un héros de guerre revenant du front,qui se pointe en uniforme et au bras d'une gentille et jolie institutrice.Mais le destin fait ce qu'il veut et va en décider autrement.Une terrible guerre des gangs va éclater,semant la terreur et les cadavres,et Michael devra malgré lui prendre les commandes des affaires familiales.La narration tendue ne lâchera dès lors plus le spectateur,happé dans un maelstrom de meurtres atroces,de manipulations,de mensonges et de trahisons.On a parfois reproché au film une certaine complaisance vis-à-vis du Milieu,et c'est vrai que la famille Corleone est présentée de manière assez favorable.On prend clairement parti pour ces gens qui semblent plus sympathiques que leurs rivaux,mais c'est surtout parce que le récit épouse leur point de vue.Les Corleone ne sont pas plus recommandables pour autant,et ils s'adonnent à la violence sans retenue.Les scènes glaçantes et fascinantes s'empilent ainsi,du flingage en règle du Don à la double exécution d'un concurrent et d'un flic dans un restaurant,d'une tête de cheval sanguinolente dans un lit au tabassage du beau-frère violent en passant par la strangulation d'un homme de main,du piège tendu à Sonny à l'explosion d'une voiture tuant une jeune mariée,le tout se concluant en beauté sur une démentielle série d'exécutions sommaires en un long requiem concomittent à une cérémonie de baptême,car on est quand même très croyant chez les gangsters.Michael prend les rênes et se révèle avisé et impitoyable,conscient d'évoluer dans un univers délétère où personne ne peut accorder sa confiance à quiconque,tout en cherchant à blanchir les affaires du clan pour les rendre plus légales à défaut de les rendre honnêtes.Une nouvelle criminalité émerge sur les ruines de l'ancienne,profitant de la corruption généralisée des politiques,des magistrats et des policiers,une préfiguration du monde actuel en somme.Un casting de folie est de sortie,avec Marlon Brando en truand fourbu dépassé par les nouvelles normes du métier qui passera la main à un Al Pacino possédé en fils clean qu'il ne faudra pas trop pousser pour qu'il prenne la relève.James Caan est royal en frère énervé à qui son manque de maîtrise sera fatal,et John Cazale est émouvant en frangin aux capacités intellectuelles très limitées.Leur soeur est Talia Shire,la frangine de Coppola et future Adrian des "Rocky",très bien en épouse bafouée,brutalisée, mais cependant toujours amoureuse.Un autre membre de la famille est joué par un Robert Duvall génial en Tom Hagen,le fils adoptif avocat qui n'a qu'un seul client,les Corleone.Il est le consigliere,le conseiller froid comme la mort.Les sales gueules marquantes hantent l'écran avec les associés du gang Richard Castellano,le rusé et rondouillard Clemenza,Abe Vigoda,le grand chauve impassible Tessio,l'ex catcheur Lenny Montana,un vrai mafieux celui-là,absolument terrifiant dans le rôle de Luca Brasi,le tueur dévoué,et le chanteur Al Martino,le filleul du Don Johnny Fontane,dont l'emploi de comédien proche de la Mafia évoque irrésistiblement Sinatra.Dans le camp d'en face il y a du lourd aussi avec Richard Conte qui est le caïd Barzini,principal ennemi des Corleone,Al Lettieri en Sollozzo,le trafiquant de drogue qui intrigue pour déstabiliser l'adversaire,Sterling Hayden en McCluskey,capitaine de police pourri jusqu'à l'os,et Alex Rocco qui incarne Moe Greene,flamboyant exploitant de casino à Vegas.Diane Keaton est Kay,la femme de Michael,et une longue partie italienne narre l'exil provisoire et forcé de ce dernier dans le village de Corleone dont est originaire la famille,avec de très belles scènes champêtres sur lesquelles plane quand même le danger et pour lesquelles on a mobilisé de fameux acteurs italiens comme la très choupinette Simonetta Stefanelli,éphémère épouse de Michael,Angelo Infanti et le pasolinien Franco Citti en gardes du corps,Corrado Gaipa en parrain handicapé et Saro Urzi en père noble bistrotier.
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Créée
le 27 sept. 2025
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