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Rideau
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le 31 mai 2016
Seize ans après le Parrain 2, un dernier opus !
Presque une génération. En fait Mario Puzo, qui remet une troisième et dernière fois l'ouvrage sur le métier, imagine ici un Don Corleone plus âgé. En fin de carrière, pourrait-on dire. Mais une carrière réussie puisqu'il a atteint son objectif que lui avait fixé son père à la fin de la première partie à savoir, se dégager de ses affaires new-yorkaises mafieuses et émigrer dans des affaires légales au Nevada. C'est réussi mais au prix du sacrifice de sa famille.
C'est réussi au point qu'il multiplie les fondations charitables attirant l'attention du Vatican qui lui attribue une distinction papale qui en fait un "commendatore".
Là, je redis, pour la troisième fois, que l'idée n'est pas loin d'être géniale. Comme le Parrain 2, on n'est pas ici dans une suite stricto sensu. On est dans une troisième histoire complètement différente. On ne peut pas dire pour autant "on prend les mêmes et on recommence". Là, les affaires sont apparemment complètement légales. De l'immobilier ! Et "Dieu" sait que l'immobilier au Vatican, c'est une grosse affaire… C'est une affaire qui a pignon sur rue, tout ce qu'il y a de normal.
Je disais dans le premier opus qu'il y avait une imbrication très forte, inextricable, de la religion, de la morale et du crime. Ici, c'est mieux, on est au Vatican qui accepte de s'associer à un (ex) mafioso en quête de respectabilité. Encore mieux, ce dernier, bien dans son rôle de rédemption, va tenter de protéger le Vatican contre les (très) nombreux aigrefins politiques ou mafieux, américains ou italiens (même allemands), qui rôdent … La religion, la morale et le crime. Michael Corleone se paie même le culot de constater que la vraie mafia n'est pas là où on le pense généralement !
Ce qui m'impressionne le plus dans ce film c'est la construction, la mise en scène en tragédie avec le parallèle – insistant – de cet opéra "cavalleria rusticana" avec les affaires vaticano-corleonesques.
Cet opéra, c'est le retour aux vraies valeurs siciliennes, la vengeance, l'honneur, la trahison, la mort … Le héros de l'opéra va mordre l'oreille de son rival comme, dans la vraie vie, Vincent Mancini avait mordu l'oreille de son rival Joey Zasa. Dans les deux cas, une procession est perturbée avec la statue de la Madone renversée. La religion toujours au centre. Toujours en prétexte.
Bref, la rédemption est, sinon impossible, payée cash avec la mort d'un proche et, finalement, la solitude.
Le casting a un peu évolué
D'abord la performance d'Al Pacino, vieilli et malade (le personnage bien sûr), pétri de regrets et de culpabilité. Ah, la scène d'anthologie de la confession qui ressemble à une spirale infernale descendante où les péchés sont de pire en pire … Mais il s'en tire bien, le salaud ! Il n'a même pas à réciter quelques Ave ou quelques Notre Père … Moi, de mon temps, c'était pas comme ça …
Un autre personnage, sorte de fil rouge des trois films, c'est Kay Adams jouée par une toujours excellente Diane Keaton. Très belles scènes d'une relation apaisée avec Michael Corleone où elle a au moins obtenu le droit au respect.
Andy Garcia, un nouveau venu dans le rôle de Vincent, le fils adultérin de Sonny : un jeu efficace, en cohérence avec le caractère emporté de son père.
Un mot sur Sofia Coppola dont je viens de découvrir (sur Wiki) qu'elle est présente dans les trois films mais, évidemment, pas dans les mêmes rôles ! à l'âge de 1 an dans le premier, le rôle d'un enfant dans le deuxième et la fille Mary de Michael dans le troisième. Je ne peux m'empêcher de rapprocher son personnage (dans le Parrain 3) d'Apollonia (du Parrain 1) : la figure tragique de l'innocence et de la beauté.
Et puis n'oublions pas Eli Wallach dans le rôle très trouble (mais très bon) de Don Altobello. Ou encore Raf Vallone dans le rôle très onctueux (mais très bon) du Cardinal Lamberto …
Un regret (immense) : il n'y a plus Tom Hagen et il n'y a donc plus de Robert Duvall. Même si son remplaçant ne démérite pas du tout …
Le Parrain 3 conclut admirablement cette saga. Jamais le niveau d'intérêt ne baisse, principalement parce qu'on ne voit jamais la même chose. Même si rien, au fond, ne change. Il y a une cohérence totale entre tous les personnages. Cela est certainement dû au couple Coppola et Mario Puzo qui ont imaginé les suites du roman initial en s'attachant à la cohérence et en veillant à ce que la roue de la vie tourne sans changer la nature des caractères.
Et puis j'avoue, j'adore ce mélange des genres entre affaires, argent et religion. Avec ces hommes d'affaires et ces hauts dignitaires de l'Église qui commencent par prier (pieusement) avant de se foutre sur la gueule. Savoureux et jouissif.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Adaptations au cinéma de livres que j'ai lus et Les meilleurs films de 1990
Créée
le 10 oct. 2023
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