Si je trouvais le film original passable mais surtout vieillissant, je m'attendais avec ce lifting 90's opéré par Charles Shyer à quelque-chose de drôle et de plus moderne. Eh bien finalement pas tellement car nous sommes devant un film presque copié/collé et qui tient surtout le même discours assez conservateur !
Pire, si le premier film chantait les louanges de l'american way of life de manière relativement subtile, ici c'en carrément un éloge particulièrement explicite dès les premières minutes. Le père en question nous présente son grand pavillon fleuri "frais en été, chaud en hiver et spectaculaire à Noël" d'une banlieue qui reste presque figée dans le temps, ce qu'il adore puisqu'il se reconnait lui-même comme étant conservateur. Alors certes, c'est le début du film qui est censé fonctionner comme une sorte de parcours initiatique, comme dans le premier film. C'est-à-dire un personnage conservateur que l'on sort de sa zone de confort. Mais en réalité, on ne le sort de sa zone de confort que pour donner lieu à divers gags ; la finalité étant toujours la même : l'apologie du mariage et de la petite vie banlieusarde même si la fille a des ambitions plus féministes que celle du premier film (c'était pas très compliqué en même temps).
Mais les ambitions en question sont exprimées sous la forme d'un gag autour d'un... mixeur ! Eh oui, le symbole de la femme au foyer tourné ici en dérision - qui en profite aussi pour légèrement tacler le premier film (la source du conflit dans ce dernier était la destination de la lune de miel, ce qui faisait de la fille quelqu'un d'assez matérialiste, puérile et sotte) - mais ça ne fonctionne pas car le film n'en fait rien. Pire, on dirait un raciste qui dit "j'ai des amis Noirs". Et ah oui, si, il y a le personnage secondaire homosexuel et très maniéré du coup parce-que toutes les comédies américaines des années 90 avaient des sidekicks rigolos homosexuels et très maniérés (c'était la mode à l'époque !).
En fait, de ce remake du "Père de la mariée", on en retiendra surtout son ambiance 90's très cocooning et ses acteurs comme le très drôle Steve Martin, l'actrice la plus adorable d'Hollywood, Diane Keaton et puis Kimberly Williams-Paisley qui n'aura certainement pas eu le même parcours qu'Elizabeth Taylor.