David Hemmings est un vilain garçon !

Terence Stamp a eu son obsédé, David Hemmings son pervers. Même si le film de Forqué n'a pas - loin s'en faut - le même prestige que celui de Wyler, il vaut le coup d'être vu, principalement pour Hemmings, évidemment parfait en fils immature couvé par sa mère et complètement chtarbé.


Stamp et Hemmings, les deux sales gosses du cinéma anglais des années 60-70, sont vraiment des acteurs à part. En dehors de leurs physiques étonnamment proches, ils ont ce rare don d'être immédiatement crédibles en psychopathes ou autres allumés. Hopkins a aussi cette qualité. C'est d'abord dans le regard que ça se passe. Ils ont en commun un regard bleu glacial qui mange leur visage et fait des merveilles quand il est filmé en gros plan.

Pour en revenir à Hemmings et au film de Forqué, c'est une fois de plus par le regard que la folie passe. Le visage bizarre de Hemmings est abondamment filmé en gros plan. Parfois, ce sont même ses yeux qui occupent tout le cadre dans des gros plans extrêmes étouffants.

Le jeu hypnotique et inquiétant de Hemmings passe par ce visage étrangement juvénile, ce regard disproportionné et cette grande silhouette d'ado dégingandé et pâlichon. Forqué a su utiliser ce physique hors normes et le filmer pour en tirer les meilleurs effets.

Si on y ajoute une mère possessive et dérangeante, parfaitement jouée par Alida Valli (encore un regard fascinant !), ça donne un couple mère/fils et une atmosphère malsains à souhait.

Pour résumer, Juan est un jeune homme perturbé qui a des relations très particulières avec les femmes - je vous laisse découvrir lesquelles - et une mère qui le couve, l'approvisionne en jolies filles et couvre ses mauvaises actions. Vous comprenez pourquoi c'est malsain.

Arrive la belle Lola qui va lui donner du fil à retordre et révéler une personnalité pleine de surprises...

Dans le rôle de l'indomptable Lola, la sublime Andréa Rau (que je ne connaissais pas) est excellente et ne se laisse heureusement pas écraser par le charisme de Hemmings.


Forqué utilise beaucoup de flash-backs pour expliquer le comportement déviant de Juan. Ces flash-backs traumatiques, associés aux gros plans des corps et des visages, à la chaleur tropicale omniprésente et au sadisme rampant de Juan contribuent à l'atmosphère de plus en plus étouffante.


Un film à voir absolument si vous êtes fan de David Hemmings ou de curiosités un peu sadiques.

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le 20 juil. 2025

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Maîrrresse

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