Un film que j'avais découvert lors d'une diffusion télé dans mes jeunes années, mais que j'ai voulu revoir suite à la lecture du livre de Florence Aubenas ("L'inconnu de la poste"), consacré à l'affaire Burgaud et à Gérald Thomassin.
Révélation du "Petit criminel" à l'époque, au point de se voir décerner le César du meilleur espoir masculin, Thomassin constitue l'atout majeur du film de Doillon, par ailleurs assez moyen.
Agé de 15 ans au moment du tournage, le gamin issu de la DDASS fait preuve d'un charisme étrange et d'un naturel confondant - sensation probablement accentuée par la connaissance rétrospective de son destin tragique.
Pour le reste, "Le petit criminel" a le mérite de s'intéresser à une catégorie sociale généralement délaissée par le cinéma, préfigurant d'une certaine façon les films de banlieue, comme "La haine" de Kassovitz, sorti 5 ans plus tard.
Mais le film de Doillon, sorte de road movie dans les environs de Sète, ne parvient ni à captiver, ni à émouvoir véritablement. Trop d'éléments apparaissent artificiels, à l'image du jeu larmoyant de la mère du gamin, dès la scène d'ouverture, avec la découverte de l'arme à feu. Certaines décisions du policier laissent également perplexe.
Sans forcément démériter, les comédiens ont eu du mal à m'embarquer : véritable vedette en 1990, Richard Anconina fait ce qu'il peut avec un personnage assez mal écrit, et Clotilde Courau (dans son premier rôle au cinéma elle-aussi) n'est pas une comédienne qui me "parle"...
Le film obtiendra tout de même le prix Louis-Delluc, et connaîtra un honnête succès commercial. De fait, "Le petit criminel" se laisse voir sans désagrément majeur, mais sans enthousiasme particulier.