134e film de l’année : Le Pianiste (revisionnage)
La chose qui me rend triste pour ce métrage : que ce soit de Roman Polanski.
La deuxième chose qui me rend triste à propos de ce métrage : je l’avais conseillé à un ami et “c’est nul, je m’attendais à un gars qui joue du piano”… j’aurais dû proposer une vidéo Synthesia…
Mais la chose fantastique, par contre ? Le film.
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- What is your name? So I can listen for you.
- My name is Szpilman.
- Spielmann? That is a good name, for a pianist. '
Quand la douceur de la musique rencontre la cruauté de la guerre.
Première minute du métrage et on est happé par ce magnifique grand angle de la place de Varsovie avant le début de la guerre, un beau N&B très ancien et le MAGNIFIQUE thème de Chopin “Nocturne”. Comme quoi, il n’y a pas que Stanley Kubrick qui arrive à mélanger la douceur de la musique classique au 7e art !
Puis vite rattrapé par la pire création de l’histoire de l’humanité, après la naissance des politiciens : la guerre.
Ça tombe bien, car l’un ne va pas sans l’autre.
La reconstitution des années 40 est une des meilleures que j’ai pu voir. Rajoutons à ça de magnifiques costumes ainsi qu’une excellente photographie… mais ce n’est pas tout.
Des plans d’ensemble 5★ :
(le départ du train pendant que le personnage d’Adrien Brody part, les nazis autour, les corps au sol, le danger n’est pas souvent au centre, mais dans le décor).
Le plan iconique où Adrien Brody pleure, jonchant les débris et les corps au sol, après le départ de sa famille… un des plus grands plans de l’histoire du cinéma.
Le plan d’ensemble en plongée quand Brody part de la cuisine car les nazis sont en train de mettre le feu, laissant place à un paysage désertique : l’impact de la guerre.
Certains plans généraux, notamment celui où toutes les affaires sont laissées là :
une vie interrompue, un temps arrêté et un monde figé, un décor narrant la violence sans danger immédiat à l’image.
La différence de traitement entre le personnage d’Adrien Brody et sa famille :
Lui, un artiste de renom, en costume.
Sa famille : de simples Polonais juifs (et la différence de traitement se ressent dans le travail des costumes, mais aussi dans leurs dialogues et le mépris que sa famille a pour lui).
L’insécurité et la brutalité des nazis, une des grandes qualités de retranscription du métrage :
le plan de l’arrivée des nazis dans la rue, chaque appartement de l’immeuble qui s’éteint un à un, les nazis entrent et la lumière se rallume.
Ils attrapent le gars en fauteuil roulant et le balancent du troisième étage.
Le plan où ils prennent des gens dans une rangée et les tuent froidement, prenant même le temps de recharger.
Je pourrais citer tant de grandes scènes dans ce métrage (comme quand Władysław Szpilman joue du piano pour un colonel nazi, accompagné de sa boîte de cornichons).
Humanisant non seulement son personnage (qui n’est plus montré que comme un sous-homme juif), mais humanisant au même moment ce soldat nazi, qui décide donc de l’épargner et de faire comme s’il ne l’avait pas vu.
Je me devais quand même de citer cette scène incroyable… encore une…
Pour finir, Le Pianiste ne nous offre pas qu’un simple film au cœur de la Seconde Guerre mondiale, comme beaucoup avant et après lui, et ce n’est pas non plus un film de guerre.
Le Pianiste nous montre l’impact de cette guerre sur une civilisation, sur une famille, sur un quartier, mais surtout sur un homme.
Un choix beaucoup plus intimiste et un point de vue moins commun que tout ce qu’on voit habituellement.
UN GRAND FILM, au minimum.
9.5/10