A Bethléem, piégée par sa coiffeuse, qui est une espionne agissant pour le compte des occupants israéliens, une jeune mère se retrouve sous la menace de la résistance palestinienne. Hany Abu-Assad a déjà évoqué le conflit israélo-palestinien sous des formes diverses, allant de la comédie au drame. Huda's Salon est un thriller, qui a des qualités de suspense, mais aussi une certaine lourdeur théâtrale dans une action vite réduite à deux lieux : l'un où la coiffeuse est sommée de donner des noms avant de mourir, l'autre où une victime collatérale panique à l'idée de devoir payer alors qu'elle n'a rien à se reprocher. Le film est cependant avant tout une illustration de la situation des femmes en Cisjordanie, prises en étau et doublement opprimées car à peine considérées par leur propre communauté. L'intention d'Abu-Assad est louable mais son style est pesant et démonstratif des dialogues jusqu'à l'interprétation, qui manque singulièrement de finesse, malgré le talent de Ali Suliman et de Maisa Abd Elhadi.