Un film qui fait un bien fou, et dont on repart avec l'équipe gravée dans le cœur... Le Plus beau des combats raconte l'histoire vraie de l'intégration "houleuse" (c'est peu de le dire) d'un nouveau coach et de joueurs de couleur dans un lycée américain de Virginie, jusque-là réservé aux blancs. Le coach Denzel Washigton s'amuse à refaire une version du sergent de Full Metal Jacket, beuglant comme un fou (mais pas plus que la fillette qui les accompagne à chaque entraînement, et jure plus fort qu'un stade entier... On adore !), poussant ses recrues jusque dans leurs retranchements, essayant toutes les techniques pour qu'ils s'apprécient enfin, avec toujours une poigne de fer qui force au respect. Dans cette équipe, on finit vite par connaître tout le monde (les personnages sont très bien présentés et attachants), évidemment le binôme Julius-Bertier (le cœur du film, bien plus que les matches, au final), ceux qui partagent la passion des chansons ("Ain't no mountain hiiiiiigh...", on ne se la sort plus de la tête, après), le Révérend (celui qui prie sans arrêt et ne jure pas, contrairement aux autres joueurs), et un Ryan Gosling mutique. Oui, vous avez bien lu, c'est ici, pour le premier rôle au cinéma de Ryan Gosling (qui doit dire deux phrases, alors qu'on voit sa bonne bouille en arrière-plan de quasiment chaque scène). Le destin heureux ou tragique de chaque joueur nous importe beaucoup, une fois qu'on les connaît (le film a l'intelligence de nous présenter ses personnages au fur et à mesure qu'ils se découvrent, creusent leur vie, entre eux, et sans narration superflue), bien davantage que les scores affichés en fin de matches (si vous n'êtes pas trop "sports", pas de panique, Le Plus beau des combats s'intéresse aux joueurs avant l'exploit). Disney oblige, on n'évite pas quelques petits abus de bons sentiments, mais comment bouder son plaisir face à cette histoire vraie réconfortante, touchante, et profondément humaine avec le binôme Julius-Bertier absolument parfait. D'ailleurs, dans la post-face finale de Bertier, difficile de ne pas sentir son cœur se briser, en lâchant un juron (désolé, Révérend).