La première chose qui m'est venue à l'esprit lorsque j'ai visionné ce film, c'est qu'il a dû sacrément surprendre les spectateurs à l'époque où il a été diffusé. C'est l'impression que ça m'a donné des la première scène, et ce sentiment ne m'a pas lâché jusqu'à la toute dernière image.
La surprise si elle ne se situe pas au niveau du script, une énième histoire de vengeance, naît d'un sentiment de plénitude visuelle, tant la réalisation de John Boorman, qui n'avait alors bosser que pour la télévision et réalisé la toute première adaptation de Catch Me If You Can que Spielberg adaptera bien plus tard, est inventive et graphiquement bluffante.
On ne compte pas les audaces visuelles et effets de style qui jalonnent cette œuvre, qui à mon avis se devrait d'être sérieusement ré-évaluer. Quasiment aucun plan n'est à jeter. Il y a une véritable volonté de recherche permanente afin d'emballer un montage bluffant de maîtrise.
Partant d'un schéma narratif éprouvé, un gangster, à qui Lee Marvin prête ses traits, se venge de ses anciens complices après qu'ils l'ai laissé pour mort, le loup solitaire se retourne contre la meute, Boorman tisse une trame passionnante en jonchant son œuvre de trouvailles visuellement absolument bluffantes.
Tous les codes du film-noir sont là, les durs à cuire, les femmes fatales, les jeux d'ombres et de lumières, etc, sauf que tout ça explose dans un véritablement déferlement de couleurs tantôt criardes, tantôt passées, comme si la constante du temps affichait un désir de naviguer de manière permanente entre volonté d'authenticité et modernisme
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Le noir et blanc caractérisant ce genre, qui a donné d'innombrables pépites pendant trois décennies à Hollywood, et par les plus grands réalisateurs, disparait au profit d'une colorisation parfaitement dosée.
La réalisation est percutante et nerveuse mais ne tombe jamais dans les excès pompiers et la surenchère. C'est de juste dosage qu'il est question.
Une œuvre charnière absolument essentielle à redécouvrir.