Des films sur la mine, j’en ai vu quelques uns, à commencer par La Tragédie de La Mine (Kameradschaft) réalisé par Pabst avant la guerre et puis plus tard Le Gouffre aux Chimères, Adalen 31 (l’année de sortie du premier cité), Le Sel de la Terre, Joe Hill (réalisé par le même qu’Adalen 31) et Harlan Country USA.
Des films sur la guerre, j’en ai vu tellement que je n’en citerai aucun. Et puis je ne suis pas là pour vous raconter ma vie. Mais quand même, il y a un lien entre la mine, la guerre et moi : je ne suis jamais allé ni à la mine, au fond du puits, ni à la guerre, à l’arrière ou au front. Et en voyant ce film sur la mine juste après la guerre, film dans lequel un ingénieur venu d’ailleurs dit au grand chef des hommes d’ici que c’est « un handicap pour lui de parler à des hommes de leur travail sans savoir ce qu’ils pensent, quelque chose de leur vie, leur intérieur », je me dis que ces paroles expriment le sentiment non seulement du cinéaste mais également du spectateur que je suis.
Et Louis Daquin, comme l’ingénieur joué par Desailly, va « au charbon » comme on le dit encore, longtemps après que les mines de charbon, là où l’histoire se passe, aient toutes fermé : son film descend dans la mine avec, notamment, une contreplongée vers le ciel qui s’éloigne aussi impressionnante que les plans de la caméra de Renoir embarquée dans la locomotive de La Bête Humaine.
Le point du Jour commence par le commencement d’une journée de mineur dans sa maison : la mère à quatre heures du matin réveille un à un tous les membres de la famille.
Et il se termine, après un retour sur une intéressante réflexion concernant la confiance et l’autorité, par une séquence d’espoir dans la fraternité entre les classes sociales.
Que reste-t-il de cet espoir ? Que reste-t-il de l’industrie en France et plus précisément dans cette région ? Que reste de l’auteur de la chanson « Que Reste-t-il de Nos Amours ? » Cette chanson-là. De même que reste-t-il du cinéma de Louis Daquin ? Ce film que j’aime.