Dans le sillage de ses premières oeuvres dramatiques et policières (Assurance sur la mort, Boulevard du crépuscule, le Gouffre aux chimères...), Wilder signe avec Le Poison un film sombre. On ne retrouve pas encore ce trait d'esprit, cet humour grinçant mais léger qui sera sa marque de fabrique dans ses œuvres ultérieures. En revanche, la perspective morale, autre attribut du cinéaste, reste présente tout au long de l'œuvre.


Dans Le Poison, film "édifiant" que n'aurait pas renié le mouvement de la tempérance, il décrit précisément la mécanique de l'addiction et ses effets délétères sur la vie de couple. La tentation permanente, la dissimulation, le mal être physique, la honte sont vécus quotidiennement par un écrivain raté. Le récit est alimenté par quelques flashbacks à la première personne qui raconte la genèse de l'addiction et de la relation amoureuse. A la faiblesse du personnage de Don Birnman, qui ne parvient pas à surmonter son mal, s'oppose la force de caractère de son amante, qui envers et contre tout, s'obstine à vouloir le sauver de ses excès. L'alcool ne revêt ici aucune connotation positive ; la représentation du delirium tremens et ses visions cauchemardesques est saisissante. Le score de Miklos Rosza, compositeur phare de la MGM avec qui Wilder a collaboré sur plusieurs films, est assez remarquable.


On peut malgré tout regretter quelques longueurs, et quelques scènes ternies par le jeu outré de Ray Milland. Surtout, la conclusion optimiste semble bien hâtive et naïve par rapport au réalisme dont fait preuve le récit auparavant.


Pour autant, si ce film secondaire dans l'impressionnante filmographie de Wilder n'a pas l'étincelle de nombreuses de ses œuvres, son écriture et sa mise en scène valent la peine de s'y plonger.


Scénario/ dialogues/narration : 7

Interprétation : 7

Mise en scène / photographie : 8

Atmosphère / originalité : 7

Roubachof
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le 14 juin 2025

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Roubachof

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