8
le 23 févr. 2015
SuivreRoom In New York
Tu entres dans ce Wilder par la fenêtre entrouverte, subrepticement, comme dans une toile de Hopper. Invité malvenu, indiscret, tu te glisses dans la valise de cet écrivain alcoolique et tu prends...
Dans le sillage de ses premières oeuvres dramatiques et policières (Assurance sur la mort, Boulevard du crépuscule, le Gouffre aux chimères...), Wilder signe avec Le Poison un film sombre. On ne retrouve pas encore ce trait d'esprit, cet humour grinçant mais léger qui sera sa marque de fabrique dans ses œuvres ultérieures. En revanche, la perspective morale, autre attribut du cinéaste, reste présente tout au long de l'œuvre.
Dans Le Poison, film "édifiant" que n'aurait pas renié le mouvement de la tempérance, il décrit précisément la mécanique de l'addiction et ses effets délétères sur la vie de couple. La tentation permanente, la dissimulation, le mal être physique, la honte sont vécus quotidiennement par un écrivain raté. Le récit est alimenté par quelques flashbacks à la première personne qui raconte la genèse de l'addiction et de la relation amoureuse. A la faiblesse du personnage de Don Birnman, qui ne parvient pas à surmonter son mal, s'oppose la force de caractère de son amante, qui envers et contre tout, s'obstine à vouloir le sauver de ses excès. L'alcool ne revêt ici aucune connotation positive ; la représentation du delirium tremens et ses visions cauchemardesques est saisissante. Le score de Miklos Rosza, compositeur phare de la MGM avec qui Wilder a collaboré sur plusieurs films, est assez remarquable.
On peut malgré tout regretter quelques longueurs, et quelques scènes ternies par le jeu outré de Ray Milland. Surtout, la conclusion optimiste semble bien hâtive et naïve par rapport au réalisme dont fait preuve le récit auparavant.
Pour autant, si ce film secondaire dans l'impressionnante filmographie de Wilder n'a pas l'étincelle de nombreuses de ses œuvres, son écriture et sa mise en scène valent la peine de s'y plonger.
Scénario/ dialogues/narration : 7
Interprétation : 7
Mise en scène / photographie : 8
Atmosphère / originalité : 7
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films noirs
Créée
le 14 juin 2025
Critique lue 14 fois
8
le 23 févr. 2015
SuivreTu entres dans ce Wilder par la fenêtre entrouverte, subrepticement, comme dans une toile de Hopper. Invité malvenu, indiscret, tu te glisses dans la valise de cet écrivain alcoolique et tu prends...
7
le 13 avr. 2014
SuivreJe ne suis pas un buveur, je suis un ivrogne. Le Poison, ou The Lost Week End, signé Billy Wilder fait partie de ses deux films à avoir été palme d’or et meilleur film aux oscars, alors que l'on y...
7
le 7 oct. 2019
SuivreLe Poison est diffusé pour la première fois en 1945, soit douze ans après la fin de la prohibition aux États-Unis. L’alcoolisme continue pourtant de préoccuper les pouvoirs publics et les...
5
le 11 juil. 2025
SuivreDéçu par ce film de Lang, qui pâtit d'un scénario poussif, pétri d'invraisemblances, dénué de véritable suspense et dans l'ensemble très prévisible malgré la multiplication des retournements de...
7
le 11 juil. 2025
SuivreUn petit village du Périgord noir (Trémolat), jouxté par un méandre de la Dordogne, ses forêts, ses grottes préhistoriques...Un décor qui sert de cadre à un film aux faux airs de policier mais à une...
7
le 16 juil. 2025
SuivreFilm politique dans une décennie qui l'est éminemment, celle des années de plomb marquées par une grande violence politique. Les attentats de l'extrême droite soutenus par une fraction des...