C'est vrai que Martin Ritt n'était peut-être pas le meilleur choix pour la réalisation, celle-ci restant très classique, pour ne pas dire un peu fade. Mais j'ai presque envie de dire qu'importe. Oui, car le travail appliqué de celui-ci suffit tant le film peut s'appuyer sur deux points essentiels : son sujet et son scénario. Le maccarthysme a été effectivement traité extrêmement rarement au cinéma, ce qui justifie presque à lui seul son visionnage.
Seulement, s'il est fréquent que d'excellents thèmes déçoivent dans leur traitement, il n'en est rien ici, l'histoire s'avérant aussi riche que passionnante, que ce soit à travers son évolution, ses dialogues et surtout ses personnages : subtils, complexes et excellemment joués, à l'image de Woody Allen et Zero Mostel, remarquables. Bref, si « Le Prête-nom » n'est pas le chef-d'œuvre qu'il aurait sans doute pu être, il n'en reste pas moins souvent saisissant, instructif et émouvant : une belle réussite.