Un jeune aristocrate fortuné est séduit par une jeune fille pauvre qu'un quiproquo lui fait passer pour noble.
L'enjeu de cette comédie tout en futilité et bonne humeur est de consacrer finalement l'amour morganatique entre Thierry et Rosine, malgré un malentendu prolongé complaisamment, et de signifier qu'il vaut mieux s'allier à des roturiers sympathiques et solidaires qu'à des bourgeois égoïstes (pléonasme, comme il est dit dans le film). Et en plus, ça devrait faire rentrer dans le rang le zazou Thierry, amateur de jazz et de femmes, à la vie dissolue et donc pas trop dans l'esprit moral du temps. Le plus important, pour sa famille, restant d'éviter une mésalliance possible avec une riche famille "juive américaine" (il est rare -unique? - que le cinéma de l'Occupation prononce ouvertement le mot maudit).
Le scénario n'est pas très futé dans ses proportions boulevardières, et les incidents attachés au quiproquo initial ne sont pas vraiment amusants. Mais ce qui nuit le plus au sujet, en définitive, c'est la réalisation bavarde de Jean Boyer qui croit utile de tout expliciter. On a beau savoir que les mises en scènes de Boyer ne sont jamais très élaborées, on se rend bien compte qu'il saborde son maigre sujet. Rien n'est suggérer ici. A cet égard, son dénouement est interminable et calamiteux, une grosse et braillarde pitrerie.
Et puis il y a la jolie Renée Faure, encore une fois cantonnée dans le rôle mièvre et pleurnichard de la jeune fille vertueuse à la mode des années 40 : ce profil est vraiment agaçant.