Un jeune aristocrate fortuné est séduit par une jeune fille pauvre qu'un quiproquo lui fait passer pour noble.

L'enjeu de cette comédie tout en futilité et bonne humeur est de consacrer finalement l'amour morganatique entre Thierry et Rosine, malgré un malentendu prolongé complaisamment, et de signifier qu'il vaut mieux s'allier à des roturiers sympathiques et solidaires qu'à des bourgeois égoïstes (pléonasme, comme il est dit dans le film). Et en plus, ça devrait faire rentrer dans le rang le zazou Thierry, amateur de jazz et de femmes, à la vie dissolue et donc pas trop dans l'esprit moral du temps. Le plus important, pour sa famille, restant d'éviter une mésalliance possible avec une riche famille "juive américaine" (il est rare -unique? - que le cinéma de l'Occupation prononce ouvertement le mot maudit).

Le scénario n'est pas très futé dans ses proportions boulevardières, et les incidents attachés au quiproquo initial ne sont pas vraiment amusants. Mais ce qui nuit le plus au sujet, en définitive, c'est la réalisation bavarde de Jean Boyer qui croit utile de tout expliciter. On a beau savoir que les mises en scènes de Boyer ne sont jamais très élaborées, on se rend bien compte qu'il saborde son maigre sujet. Rien n'est suggérer ici. A cet égard, son dénouement est interminable et calamiteux, une grosse et braillarde pitrerie.

Et puis il y a la jolie Renée Faure, encore une fois cantonnée dans le rôle mièvre et pleurnichard de la jeune fille vertueuse à la mode des années 40 : ce profil est vraiment agaçant.

inspecteurmorvandieu
3

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Jean Boyer 1901-1965

Créée

le 25 oct. 2025

Critique lue 5 fois

Critique lue 5 fois

D'autres avis sur Le prince charmant

Le prince charmant

Le prince charmant

3

inspecteurmorvandieu

le 25 oct. 2025

Suivre

Critique de Le prince charmant par inspecteurmorvandieu

Un jeune aristocrate fortuné est séduit par une jeune fille pauvre qu'un quiproquo lui fait passer pour noble. L'enjeu de cette comédie tout en futilité et bonne humeur est de consacrer finalement...

Du même critique

Ran

Ran

4

inspecteurmorvandieu

le 3 mars 2025

Suivre

Critique de Ran par inspecteurmorvandieu

"Ran" est la transposition fidèle du Roi Lear dans le Japon tribal d'un siècle incertain. Si les personnages sont évidemment d'une autre nature et d'une autre expression, l'histoire et les thèmes de...

Comment j'ai tué mon père

Comment j'ai tué mon père

4

inspecteurmorvandieu

le 17 oct. 2024

Suivre

Critique de Comment j'ai tué mon père par inspecteurmorvandieu

Jadis père indigne, aujourd'hui vieillard énigmatique et ambigü, Maurice réapparait sans raison apparente et prend pension chez son fils ainé, lequel voue pourtant à son géniteur une rancune...

Les Milles

Les Milles

4

inspecteurmorvandieu

le 17 oct. 2024

Suivre

Critique de Les Milles par inspecteurmorvandieu

Sébastien Grall évoque un aspect méconnu de la seconde mondiale, côté français. Tout autant méconnu est resté l'officier français qui dirigea le camp de prisonniers civils allemands des Milles,...