Comme un écho à notre époque violente et désespérante, Nick Cassavetes nous livre avec "God is a Bullet", un film violent, d'une noirceur souvent abyssale, mais pas forcément dénué d'espoir. Le réalisateur de "N'oublie jamais" se saisit de deux faits divers d'enlèvements d'adolescentes - une dizaine d'années s'écoule entre les deux rapts - perpétrés par une secte satanique. Après un prologue troublant, nous faisons la connaissance de Case (Maika Monroe), une jeune femme au passé trouble, un passé qui nous sera dévoilé par flash-back. Au même moment, dans la même ville, le policier Bob Hightower (Nikolaj Coster-Waldau) voit son ex-femme et le mari de celle-ci être sauvagement assassinés dans leur pavillon de banlieue. Gabi, la fille de Bob quant à elle, échappe au massacre, mais elle est kidnappée par Cyrus (Karl Glussman) et sa horde de fanatiques. Case qui est au fait des agissements de Cyrus propose son aide à Bob pour retrouver Gabi. Pour Bob, un bon père de famille idéaliste bien ancré dans sa communauté chrétienne, la jeune Case est d’un autre monde. La police n’ayant aucune piste solide, Bob accepte l’aide de la jeune femme. Ces deux âmes perdues et blessées que tout oppose qui finiront par s’apprivoiser, vont partir à la recherche de Gabi dans un road-movie qui, dans sa dernière partie, va se muer en une expédition punitive faite de sang et de fureur pouvant heurter les spectateurs les plus sensibles. Nick Cassavetes nous fait entrer de plain-pied dans un univers sataniste underground avec comme seule religion : la souffrance, l’autodestruction et la mort. Dégraissé de tout second degré qui aurait certainement nui au récit brut de décoffrage, le long-métrage se place entre le post-apo à la “Mad Max” (au travers de ses personnages ensauvagés) et le thriller façon “Death Sentence” de james Wan en 2007 et s'impose d’emblée comme une solide série B hard-boiled qui fleure bon le cinéma des seventies.

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le 1 févr. 2024

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