Son nom ne me disait rien, mais son visage, si. J’avais dû la voir dans Acide en 2023. Voici donc Laetitia Dosch, surtout actrice et comédienne mais en fait surtout touche-à-tout, ce qui est probablement une grande qualité. Il s’agit ici de sa première réalisation et elle incarne dans le même temps le personnage principal.
Avril est avocate, spécialisée à son corps défendant dans la défense des causes perdues. Cette situation irrite son cabinet mais Avril va finir par accepter ce client qui se trouve être un chien qu’on accuse de méchanceté et qu’on souhaite « endormir ».
Point de Brigitte Bardot ici et on s’en félicitera. Pas de mièvrerie animalière non plus ni même de discours engagé à la mode de L214. En revanche, on tient une réflexion subtile sur la justice, l’humanité et la communication. Bien sûr, tout ça est absurde. Mais si le sujet l’est, Dosch se permet de le prendre au sérieux, comme son personnage. En découle une conclusion sur l’absolu d’une justice qui ne peut être que dépendante du temps présent, soumise à la culture d’aujourd’hui ou à celle d’hier ou plutôt à la confrontation entre les deux qui doit déboucher sur l’acceptation de la culture de demain. L’animal est-il un objet ? Si oui, pourquoi ne le serions-nous pas ? Dans le cas contraire, peut-il être jugé et hiérarchisé à l’aune de la seule perception humaine ? Dans ce cas, la justice humaine serait pour ainsi dire une justice divine et les voies du Seigneur sont bien impénétrables pour le simple cabot. A côté, il y a ce môme victime de maltraitance dont on ne propose pas d’endormir les parents.
En vérité, c’est une très belle comédie. On rit souvent et franchement et on aime ce ton légèrement irrévérencieux voire border. Avril est craquante dans sa maladresse et sa naïveté, le mérite en revient à une Laetitia Dosch si naturelle qu’on pense l’avoir déjà croisée quelque part. Les personnages sont tout à fait désopilants, à commencer par ce coach canin incarné par un Zadi formidable. A la mise en scène, c’est plutôt délicat et ne fait pas dans l’esclandre. Le montage est vif et sait alterner le rythme et le décor.
Conclusion ? Voici une comédie passée un peu sous les radars et qui mérite grandement votre attention, que vous aimiez les chiens ou non, pourvu que vous aimiez rire. Une vraie réussite !
>>> La scène qu’on retiendra ? Cette incroyable scène où philosophes, responsables religieux, sociologues et biologistes débattent de la conscience du chien en plein procès. Aussi farfelu que jubilatoire !