Du cinoche qui fleure bon les années 80 : un Bébel tête d’affiche, avec un film calibré pour lui, une réalisation sans fioriture qui fait la part belle aux personnages, des situations impossibles, des dialogues d’Audiard qui feraient bondir aujourd’hui (« Plus de Négro ! », « Et un couscous poulet ! » (avec l’accent arabe), « Mais qu’est-ce-qu’il vient nous faire chier avec sa pute, celui-là ! ») mais placés au bon moment et dans la bouche des bons acteurs, des cascades de Rémi Julienne (l’époque bénie des vraies cascades avec des bagnoles défoncées), des personnages un poil caricaturaux (Rosen (Robert Hossein), flic plus dur que les durs, mais au finale, tellement parfait dans le paysage), des seconds rôles parfaits (Donnadieu, Baune, Dessailly, Vernier).
Lautner est un bon artisan qui sait mener sa barque. Et le scénario est plutôt plus solide, et limite subversif (on vient de changer de gouvernance (on en 1981), et il est question d’un officier des services spéciaux que son pays vient de laisser tomber suite à changement de pouvoir politique en France, et l’assassinat d’un dictateur africain qui était parfaite sous l’ancien pouvoir est devenu obsolète. Alors plutôt que de rappeler l’ancien espion,ils préfèrent le donner en pâture au président africain. Sauf que le barbouze est bien décidé à mener sa mission à bien).
Il y a du John MacLane chez ce Joss Baumont, le blouson cuir à la place du débardeur, la punchline en bandoulière et la certitude d’être dans le bon droit.
Un plaisir coupable.