Le film s'ouvre sur un coup de feu et la mort d'une jeune épouse. Tout accuse Laurent, le mari (JC Brialy).
De façon inattendue, compte tenu de cette entrée en matière dramatique, l'intrigue se déroule dans la bonne humeur de la comédie sentimentale et du badinage car Laurent, avant de rencontrer sa future, courtise avec entrain sa mère, charmante brocanteur.
Le film de François Villiers ne parviendra jamais à se débarrasser, malgré la nature du sujet et de ses possibilités dramatiques ou fantaisistes, de ce sentiment de futilité qui caractérise les personnages et l'intrigue. Brialy, en artiste-peintre spirituel et séducteur cabot, finit par agacer dans ses pitreries. Ses partenaires Michèle Morgan et Catherine Spaak sont plus à leur avantage en réussissant à faire passer de vrais instants de grâce.
L'intérêt et la spécificité de l'intrigue, que la mise en scène sans idée de Villiers ne parvient guère à transcender, tient à la découverte des faits précédant la mort de l'épouse, bien qu'il ne leur soit attaché aucun suspense. Car le journal de la défunte, le témoignage de sa mère et le récit du mari, sous la forme de flashback, sont subjectifs et sujets à caution. Ces trois vérités auraient pu introduire des perspectives intéressantes mais la réalisation ne permet pas de s'élever plus haut que le vaudeville bourgeois insignifiant.