Découvert sans attentes, sans avoir vu d’avis et c’est plutôt une bonne surprise.
On part d’un contexte où le fantastique et les mutations animales font partie du quotidien.
La relation père-fils est le fil conducteur de l’histoire du début à la fin, elle n’est pas là pour monopoliser les émotions mais pour développer plusieurs embranchements, péripéties et thématiques. Grâce à la prestation de Romain Duris et à la performance du jeune acteur jouant le fils le socle est plutôt solide.
Comme le concept le laisse deviner ça parle de rapport à la nature, de l’acceptation de la différence et de la transition de l’enfance à l’adulte.
D’après des interviews du réalisateur il semble vouloir appuyer un certain discours mais visiblement ces sujets apparaissent comme survolés sans imposer un jugement.
C’est un monde dont on ne peut définir exactement ses règles et son fonctionnement, ce qui laisse une place à l’interprétation et à l’imagination.
Et finalement ce n’est pas plus mal parce que ce film réussit à transporter par son ambiance sans chercher à se prendre la tête sur l'interprétation des thèmes ou des symboles.
L'étrangeté générale et ces scènes aux issues imprévisibles qui n'expliquent pas en profondeur rendent le film léger, spontané et agréable à découvrir.
Les effets spéciaux sont très soignés et le cadre de la Gascogne est bien exploité, on se sent captivé par ces quelques séquences de nature contemplatives et hors du temps.
Ce film ne subjugue pas par son ébauche d’analyse sociétale assez banale dans le cinéma français mais il brille par la magie de son concept qui prend le dessus. Les confrontations animales imaginées sont vraiment marquantes et singulières.