Le Renard
6.7
Le Renard

Film de Mark Rydell (1967)

Elle était pourtant belle, cette affiche !

Il y a des films, comme le "Hamlet" de Laurence Olivier, qui m'ont furieusement donné envie de lire tout Shakespeare. Et il y a des films comme "The Fox" qui ne me poussent pas du tout à me procurer le roman de D.H. Lawrence. Je n'avais déjà pas beaucoup accroché à "L'Amant de Lady Chatterley", c'était peut-être un signe.


Deux poules vivaient en paix; un renard survint... Dans ce drame sentimental, Mark Rydell mêle deux intrigues et ce mélange ça n'a pas fonctionné complètement pour moi.

Il y a d'abord ces deux amies qui élèvent des poules dans une ferme isolée et qui voient leur business perturbé par les intrusions régulières d'un renard dans leur poulailler. Mais ce sont aussi deux amies d'enfance qui vivent presque en couple (mais pas de sexualité entre elles), avec l'une qui assume les tâches physiques à l'extérieur et l'autre les tâches ménagères, qui voient leur amitié perturbée par l'arrivée d'un inconnu.

Comme vous le voyez, le symbolisme ne brille pas par sa légèreté. Le renard qui donne son titre au film est donc le symbole principal. Il semble a priori représenter le mâle "toxique" qui vient semer la zizanie dans l'harmonie parfaite entre les deux femelles - pas si parfaite que ça puisque la femme la plus forte, Ellen, semble très frustrée par l'absence de sexualité.

En plus, ça se complique quand l'homme tue le renard. Est-ce pour l'homme un moyen de tromper les deux femmes ? Une façon de leur dire "Regardez ! J'suis pas un mâle menaçant, puisque c'est moi qui tue le symbole qui me représente !"

Mais peut-être me trompé-je, peut-être est-ce tout autre chose. L'amour latent entre les deux femmes ? Pas clair tout ça, laissons tomber.


D'après ce que j'ai compris de l'histoire, les deux amies s'aiment plus que d'amitié, sauf qu'elles ne s'en rendent pas compte (?). Rien, mais alors rien, ne laisse pressentir une attirance homosexuelle. Ellen assume les tâches "masculines", a les cheveux courts et n'est pas coquette. Sauf qu'elle est juste un peu trop maquillée pour être crédible - coucou le mascara ! - mais ça, c'est le cinéma. Jill a les cheveux longs, est plus fragile - elle se plaint beaucoup - et assume les tâches "féminines". Les clichés pleuvent. Ou subissent-elles encore, même loin du monde, la mauvaise influence du patriarcat ? Lawrence se moque-t-il du féminisme ou le célèbre-t-il ? S'il le célèbre, il le fait d'une manière que là aussi j'ai du mal à comprendre.

Arrive Paul, beau et mystérieux, qui va bouleverser la vie tranquille du couple féminin.

Au suspense sentimental et sexuel, Rydell ajoute un suspense supplémentaire. Paul ne semble pas seulement attiré par Ellen. A travers le regard de Jill, il semble aussi convoiter la ferme. Il y a donc aussi un petit côté thriller. Aime-t-il vraiment Ellen ? Réussira-t-il à s'emparer de la ferme ? Va-t-il se débarrasser des deux femmes à la fin ?

L'évolution des sentiments et de l'attirance sexuelle reste incompréhensible. Ellen ne semble absolument pas attirée sexuellement par son amie. Elle est en revanche immédiatement troublée et irrésistiblement attirée physiquement par Paul (Keir Dulla est canon) et l'acte sexuel entre eux le confirme : ça fonctionne du feu de Dieu entre eux. Mais une fois qu'il a disparu, elle ne veut plus l'épouser, parce qu'elle refuse de laisser tomber sa copine Jill. Loin de Paul, le couple féminin se reconstitue, mais cette fois, surprise ! La sexualité pointe son nez sans crier gare. Après avoir pris un pied monstre avec Keir Dulla, on ne sait pas trop ce qui la pousse dans les bras de la geignarde Sandy Dennis... De plus, il est précisé que ce sont des amies d'enfance, pratiquement des soeurs. La sexualité entre elles paraît de fait bien improbable.

Il y a trop de choses qui restent imcompréhensibles sur les plans sentimental et symbolique.


Je terminerai par la musique, élément très important pour moi. Le thème de Lalo Schifrin n'a rien de folichon. Mais le problème, c'est qu'il a été réutilisé ultérieurement pour les célèbres pubs Dim. Pas facile de regarder un drame sentimental en entendant continuellement "Pa-pa-paaa-paaa-paaa-paaaaaa" et en croyant voir des collants de toutes les couleurs partout.


Mairrresse
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le 2 juil. 2025

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