En épousant Édith Kellerman, fille d'un magnat du pétrole, Pierre Larivière, écrivain raté, a pu oublier sa première épouse. Mais il la revoit par hasard. Le rendez-vous était le type même de film qui hérissait les tenants de la Nouvelle Vague et on ne saurait leur donner tout à fait tort car il y a là une certaine artificialité dans l'écriture et, surtout, un académisme de la mise en scène, malheureusement habituel chez Delannoy, honnête artisan, cependant, quant il a un bon matériau entre les mains. Ici, on dirait du mauvais Chabrol, dans une première partie très laborieuse. La seconde rebat un peu les cartes sans pour autant effacer le sentiment d'irréalité de l'intrigue (les multiples twists finaux n'aident pas). L'interprétation est tout à fait inégale : George Sanders est formidable et Annie Girardot touchante mais Piccoli est trop effacé tandis que Noiret surprend dans un rôle de flic nonchalant. Le problème majeur vient de l'acteur principal, Jean-Claude Pascal, qui possède l'élégance de Gregory Peck mais certainement pas la finesse de jeu.