Le Retour rentre dans la catégorie des films que l'on sait pertinemment qu'ils sont imparfaits, dont on perçoit tous les défauts, mais que l'on apprécie malgré tout et que l'on prend du plaisir à regarder.


Comme dans la plupart de ses films, Catherine Corsini s'attache à délivrer un discours éminemment politique, ici sur le rapport de classes et ce que l'on appelle le racisme ordinaire. Le problème est qu'elle s'y attelle avec un peu moins de subtilité que d'habitude. Les personnages de la famille bourgeoise frôlent malheureusement un peu trop la caricature. C'est sans doute celui joué par Denis Podalydès qui est le moins bien écrit et qui vient ternir l'impression globale sur le film.


Les interprétations des autres actrices, toutes formidables, viennent largement compenser tout ça. Le naturel et l'émotion de aissatou.diallo.sagna étaient déjà sidérants dans la Fracture. Elle ne fait que confirmer son immense talent ici, avec un jeu tout en retenue, pudeur et finesse. La jeune actrice qui interpète sa fille ainée, @suzybemba, démontre des qualités de jeu tout à fait prometteuses alors que la personnalité de celle qui joue sa soeur, @esther_ghrr, crève l'écran. La relation qu'elle noue avec @h_orsoni2a est aussi surprenante que touchante. Enfin, une mention spéciale également à @lomanededietrich, dont le jeu et le physique ne sont pas sans rappeler ceux d'Adèle Haenel, qui décidément nous manque beaucoup.


La première partie du film est bien écrite et se suit avec plaisir. La seconde est plus laborieuse et moins réussie, la longue scène de la soirée est même assez ratée.


La force du film reste le regard sociologique intéressant porté sur les différentes voies possibles pour les personnes issues de classes défavorisées : se résoudre à sa condition avec fatalisme (la mère), chercher par tous les moyens, notamment l'Education, à s'en extirper (la fille ainée), se laisser happer par les maux qui les gangrènent (la fille cadette).


Avec optimisme ou naïveté, le scénario du film, bien que souvent trop prévisible, a le mérite de permettre à chacune de ses héroïnes d'évoluer vers un avenir plus radieux.

Fenetre_sur_salle
7

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le 14 août 2023

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