Je suis assez nostalgique d'un cinéma français des années 1960-1970 aussi intelligent et léger que frais, divertissant et énergique, qui a été représenté par des cinéastes comme Philippe de Broca et surtout comme Jean-Paul Rappeneau. Et d'ailleurs quand on lit le synopsis du Retour du héros, le premier film qui vient en tête est Les Mariés de l'an II. Non seulement parce que c'est un film en costumes, mais aussi parce qu'il met en scène un homme et une femme qui vont passer leur temps à se chamailler pour finir par tomber dans les bras l'un de l'autre.
Je suis tellement heureux qu'à notre époque, on puisse refaire un tel film, que j'ai fermé les yeux sur les faits que le réalisateur s'est trop souvent commis dans des adaptations désastreuses de BD ou d'œuvres pour les grands enfants qu'on est restés et que je ne peux absolument pas piffrer l'actrice principale.
Que Jean Dujardin reprenne un rôle dans lequel aurait assuré Jean-Paul Belmondo quelques décennies plus tôt, c'était un choix des plus logiques, pour ne pas dire le plus logique. En effet, il est ce qui se rapproche, toute proportion gardée, le plus de Bébel aujourd'hui. Et le comédien fait très bien le job en officier couard et peu scrupuleux. D'ailleurs pour moi, c'est le point fort de ce film.
Dans un rôle dans lequel auraient assuré une Catherine Deneuve, une Françoise Dorléac et bien évidemment une Marlène Jobert, Mélanie Laurent parvient à être nettement moins mauvaise que d'habitude (ce qui n'est pas d'une difficulté assourdissante non plus !) en fille intelligente, droite et d'une grande force de caractère, même s'il lui manque ce pétillant, ce grain de folie pour rendre ses montées de colère crédibles et ainsi emporter l'adhésion.
Pour ce qui est du film dans l'ensemble. Il serait hypocrite de ne pas avouer que cela se regarde avec un certain plaisir. On peut tout de même reprocher quelques lourdeurs, notamment dans la caractérisation de certains personnages (celui de la sœur notamment, même si Noémie Merlant est à l'aise dans le rôle !), et quelques facilités (l'attaque finale par exemple !) pour que l'on puisse y retrouver la finesse d'un Rappeneau.
Mais il y a suffisamment de scènes drôles (comme le retour du "héros" dans la ville !), de dialogues vifs et un cynisme étonnant et bienvenue jusqu'à la fin, pour qu'on ne soit pas tenté de bouder l'ensemble. Et la nostalgie, la nostalgie d'un cinéma populaire (au sens le plus noble du terme !) d'antan...