Le roman éponyme de Zola détone dans la fresque des Rougon-Macquart, tellement éloigné du naturalisme social de l'auteur. Jacques de Baroncelli met en scène ce drame ultra-romantique où l'amour terrestre de la très chaste et compassée Angélique pour un jeune homme peut-être inaccessible se confond avec l'amour du divin. On entre dans une forme de délire mystique qui nous semble hors d'âge, accentué par l'interprétation et l'élocution outrancières de Simone Genevoix, qui a beaucoup tourné du temps du muet et n'a pas passé le cap du parlant (choix personnel ou inaptitude ?).

Et puis, il apparait que cette adaptation est clairement un exercice de style aux confins de l'expressionnisme de la part de Baroncelli, ce qui relativise l'impression première d'un cinéma antédiluvien et d'une bondieuserie indécente. La pureté du sentiment entre Angélique et son amoureux, le surjeu des deux interprètes, touchent à l'abstraction et, somme toute, mieux vaut le considérer ainsi pour ne pas y voir seulement une exaltation pieuse et ridicule. Le sujet s'affiche dans des décors très travaillés, certains dans le sens d'un formalisme onirique qui corrobore le rêve de l'héroïne, d'autres isolant les personnages dans la grandeur d'une église et, par conséquent, de la religion.

On peut imaginer, par ailleurs, que le scénario a beaucoup élagué dans le roman originel car le film dure moins de 1h10. C'est une curiosité dont les limites sont une dramaturgie extrêmement dépouillée et, surtout, l'incapacité où on est d'éprouver l'émotion d'Angélique et son abandon mystique.

inspecteurmorvandieu
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le 7 juil. 2026

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