Le Rite par Critique-film
Inspiré de faits réels, voilà une belle expression capable de nous faire pardonner toutes les erreurs d'un film. C'est bien avec ce slogan (car on peut dire qu'il s'agit désormais d'un argument de vente) que Le Rite est présenté sur les affiches et bandes-annonces.
Après Le Dernier Exorcisme de Daniel Stamm sorti en septembre 2010, L'Exorcisme d'Emily Rose (2005), Ave Maria de Jacques Richard (1984) et bien évidemment L'Exorciste de William Friedkin qui reste une œuvre majeure du genre, Le Rite sort avec comme argument la présence d'Anthony Hopkins (Hannibal Lecter).
Le scénario du Rite commence agréablement bien avec une plongée dans l'enfance et la vie de Michael Kovak, un jeune homme qui rejoint l'école de séminaristes pour fuir une famille difficile plus que par conviction. On le suit alors qu'il est en proie à une crise de foi (pas celle du chocolat) et en plein doute sur le sens de sa vie. Puis Michael est envoyé à Rome afin de suivre une formation d'exorcisme. Le scénario est bien ficelé et nous fait vraiment entrer dans la peau du personnage pour lequel on ressent une réelle empathie. Autre point positif : la formation d'exorciste pratiquée au Vatican qui a été assez peu exploitée au cinéma et qui révèle un tas d'informations exaltantes.
Puis Michael Kovak rencontre Père Lucas Trevant (Anthony Hopkins) et malheureusement, le jeune homme perd son statut de personnage principal au détriment du monstre (du cinéma) Anthony Hopkins. Celui-ci attire toute l'attention et le scénario se recentre sur sa lutte intérieure. C'est bien dommage car cela rend toute l'entame du film insignifiante et fait perde à Michael Kovak sa crédibilité. Anthony Hopkins nous offre encore de belles petites frayeurs avec ce rôle de père exorciste qui devient lui-même possédé. Un acteur toujours aussi habile pour jouer la folie.
Du point de vue de la réalisation, Mikaël Hafstrom nous propose un film propre, avec de bonnes idées, une photographie magnifique signée Ben Davis (Kick-Ass) avec de superbes vues du Vatican, des églises et des panoramas de Rome. Le film souffre néanmoins de longueurs et nous ennuie sur la fin. La dernière demi-heure semble très longue et, la fin étant prévisible, on a du mal a trouver une utilité au film.
Bilan : Anthony Hopkins nous fait aussi peur qu'à l'époque du Silence des Agneaux, mais Le Rite, qui reste un bon film, propose de bonnes idées qui ne sont pas exploitées à fond. Un film d'horreur qui, mis à part nous faire sursauter, ne nous effraye jamais faute à un scénario peu travaillé.