Le spahi Peyral découvre que la femme qu'il aime, Cora, est une femme entretenue et il en conçoit de l'amertume. Pour sa consolation, la servante indigène de Cora est prête à s'offrir à lui.
En creux, les deux rôles féminins du film invoquent les deux civilisations qui s'offrent à Peyral. Et, entre la traîtresse française et Fatou l'aimante autochtone, le choix s'impose de lui-même. De ce point de vue, le film de Michel Bernheim, "à la gloire des armées d'Afrique", est un psychodrame sentimental qui célèbre l'attachement...de la colonie à la mère patrie.
On ne sait pas trop où se déroule l'intrigue. Maroc, où est tourné le film ? Sénégal, comme dans le roman originel ?
Peu importe, en fait. Le film est un condensé un peu trop superficiel du livre de Pierre Loti, que je n'ai pas lu et que je suppose plus dense et moins futile que l'histoire racontée par Michel Bernheim.
Les amateurs de folklore africain seront à peine mieux servis que les amateurs du fait militaire, puisque le film s'inscrit peu dans le pittoresque et qu'il est dépourvu d'action guerrière. Mireille Balin est filmée comme un prix de beauté et d'élégance, Raymond Cordy joue le copain de chambrée rigolo, tandis que Pierre Larquey joue les utilités en officier.
Sans surprise, le film exhale les relents colonialistes et racistes de son époque, pas plus et pas moins que le cinéma courant d'avant-guerre qui évoque les colonies.