On à regardé Le sacrifice de Tarkovski hier, le film est incroyable, mais surtout le moment que j’ai vécu… ça a rendu le film tellement mieux d'être en sa présence
Ça m’a mis dans un état, ça m'a permis la perception que j’en ai eu
J’ai compris et aimé tellement de choses, j’ai ris
Ce n’est pas l’histoire qu’il faut comprendre, elle est mise en scène et permet à Tarkovski d’exprimer ses idées (politiques, esthétiques)… ses réflexions sur le cinéma
Qu’est ce qu’être acteur ?
Le premier plan questionne le rôle de cameraman, en réalisant un cadrage parfait, incluant les spectateurs (réalisateur, équipe de tournage etc) à la pièce qui se déroule devant eux et à laquelle ils participent
Le vrai sujet de film est le cinéma… La manière de manier des arts et d’en faire une œuvre
Tarkovski nous partage ses idées sur le christianisme au travers du bébé et du personnage principal (Alexander), qui finit par aimer tendrement, en surplombant son lit, une mystique.
Ce personnage représente une sorte de sceptique en quête de sagesse... Un homme d’une 60e d’années dont c’est l’anniversaire, qui sert au réalisateur a incarner ses idées politiques, sociales… et critique la place accordée à la science et la manière dont elle est utilisée à des fins démiurgiques...
Le fidèle facteur, ancien prof d’histoire complètement hérétique, entre en scène en présentant le personnage principal dans un sublime plan séquence d’ouverture
Interressé par Nietzsche, il parle de l’éternel retour, du rapport au temps et à l’histoire dans de longues tirades souvent comiques
A la mort de dieu clamé par Nietzsche, Alexander répond que la science l’a remplacée…
Des questionnements autour de la nature divine de l’homme, à laquelle Alexander tente de répondre au travers d’une lutte avec la doctrine chrétienne...
Incarnant un esprit libre et révolté qui peut rappeler les premiers chrétiens dans la force de leur foi et des questionnements qui s'y rattachent. Avant que le dogme se précise, qu'être chrétien ne soit plus qu'une bête application de lois complètement sotes à y regarder de plus loin.
Le théâtre est incarné par la femme d'Alexander, qui entretien une relation ambigu avec son gendre, un médecin technocrate d’une quarantaine d’années, qui incarne la modernité, la voix d’une raison stupide... qui entre en contradiction avec la vérité à laquelle touche l’idiot qu’est le facteur Otto, ayant déconstruit le concept même de vérité, la nommant chimère.
Le facteur offre comme cadeau à Alexander une authentique carte du monde datant du XVIIIe siècle… sujet de commentaires sur la représentation de la réalité
De notre incapacité à y trouver une place... Dieu à créé le monde, c'est évident, car nous ne nous y sentons pas chez nous... & comment l'accepter, à part en s'y plaçant au centre ?
Questionnements qui tourmente Alexander et dont il nous fait part au travers d’un monologue qu'il adresse à la mystique (Maria, leur bonne) en larme.
Il dit alors que sa vieille mère passait toutes ses journées à regarder son jardin avant de mourir.
Et que, lui, ne comprenant pas pourquoi, voulu lui faire plaisir en décidant de tailler et d’amplifier la beauté du paysage. Paysage qu’il ne pu contempler puisqu’il ne le regarda que lorsqu’il eu finit son travail de remaniement, et en pleurant terriblement, voyant que ses gestes sur cette fougace nature avait détruit tout ce qu’elle exprimait… anecdote qui propose comme solution aux problématiques posées, le choix de la sagesse et de la contemplation, plutôt que celui de la prise de possession.
Attitude que le personnage principal met en pratique en décidant de brûler sa maison dans une scène de fin. De se débarrasser de toute matérialité en se laissant embarquer dans une ambulance, qui expose l’aspect anormal du comportement de l’homme aux yeux de la société.
+ les flashs… le bébé n’est autre qu’une façon d’ouvrir les yeux à Alexandre sur ce qu’il est et ce qu’il veut... sa naissance permet une forme de transcendance chez Alexander, avec laquelle il se débat...
…
etc etc etc