Mil Gritos Tiene La Noche aka Pieces aka Le Sadique À La Tronçonneuse est le 6ème long-métrage du valencien Juan Piquer Simón, cinéaste qui a gagné une certaine réputation au fil des ans dans le cœur des adeptes du bloody bis. Bien qu'étant intégralement tournée à Madrid, l’œuvre présentée ici se déroule à Boston. D'abord en 1942, via un flash-back dans l'esprit de celui de Profondo Rosso aka Les Frissons De L'Angoisse (Dario Argento - 1975), le mystère en moins. Dans sa chambre impeccablement rangé, un garçonnet confectionne un puzzle érotique (en 1942, sérieux ?) et se voit surpris par sa mère qui pète brusquement une durite et dévaste la pièce. Du coup, le gamin, un brin maniaque et passablement rancunier, la découpe à coups de hache et manipule ensuite la police en chouinant qu'un immonde salopard a démembré sa douce maman.
40 ans plus tard, comme dans Rosemary's Killer (Joseph Zito - 1981), la ville vit un nouveau climat de terreur car un tueur psychopathe, exactement looké et ganté comme celui de 6 Femmes Pour L'Assassin (Mario Bava - 1964), tronçonne des étudiantes en mode Leatherface. Qui est-il ? D'où vient-il ? Et que fait la police ?
Cette dernière est pourtant omniprésente, mais reste certainement ici l'administration la plus absurde de toute l'Histoire du cinéma, en quémandant à un étudiant pas hyper fute-fute de les seconder dans l'enquête et en infiltrant incognito une collègue qui s'avère être une ex-championne de tennis ultra célèbre recyclée en policière incompétente et peu rassurée. Et c'est sans compter sur les dialogues creux, les seconds-rôles qui surjouent des airs inquiétants (brrrr, les attitudes patibulaires qui en disent longs), les twists sans queue ni tête, l'improbable présence de Bruce Le lors d'une scène aberrante de kung-fu qui n'a strictement rien à voir avec le script et l'humour involontaire qui plombe un métrage qui n'en demandait pas tant. Restent les scènes gore, plutôt généreuses en hémoglobine, mais qui sont le plus souvent intrusives dans cet univers de tâcherons-nés.
La musique, quant à elle, est différente selon la version originale espagnole, la version française ou la version dite internationale. Cette dernière est par ailleurs signée par un groupe baptisé CAM qui en a fait fantasmer plus d'un à l'époque puisqu'il aurait intégré les excellents compositeurs que sont Stelvio Cipriani et Fabio Frizzi. En fait, CAM est la dénomination des 7 musiciens qui ont séparément œuvré pour la BO de la version internationale et qui n'est en rien un travail collectif. Les thèmes les plus répétitifs du métrage sont essentiellement signés par Carlo Maria Cordio qui s'est inspiré du travail des mythiques Goblin pour certains films de Dario Argento. Un méli-mélo musical à l'image de ce film fourre-tout et pathétiquement parodié.