Des années (voire décennies...) après la fin de l'âge d'or du giallo, Dario Argento continue de s'y accrocher. "Non ho sonno" fait même à plusieurs reprises explicitement référence à "Profondo Rosso", mètre-étalon du genre, fréquemment considéré comme le meilleur film d'Argento. Par exemple, l'intrigue se déroule à Turin. Les Goblins y font quelques clins d'oeil musicaux. Et on retrouve dans la distribution Gabriele Lavia.
Ici, il est question d'une veille affaire de meurtres soi-disant résolue, qui refait surface 20 ans plus tard. Des jeunes femmes sont massacrées, d'étranges figures des animaux de la ferme sont utilisées, la police est larguée. Vont faire équipe un inspecteur retraité, qui avait enquêté dans les années 80, et le fils désormais adulte de l'une des victimes de l'époque.
Ca démarre très bien, avec une poursuite au sein d'un train désert, et de superbes femmes qui passent par les armes de l'assassin. Ainsi que quelques éléments amusants qui déjouent les clichés ou les attentes du spectateur. On retrouve presque dans ce début le ton baroque cher à Dario Argento, qui préfère miser sur l'ambiance que la qualité des dialogues ou du jeu d'acteurs.
Puis l'ensemble ne retrouvera jamais vraiment ce niveau. Cela reste un giallo fonctionnel, avec son lot de fausses pistes et de cadavres. Mais sur 2h c'est parfois longuet, d'autant que les scènes de remplissage ne sont formellement pas extra-ordinaires.
Heureusement, le film mise sur des séquences sanglantes aux effets très réussis. Notamment des têtes qui sont sérieusement amochées ! Et il reste porté par Max von Sydow, dans un rôle intéressant et vulnérable de vieil inspecteur réveillé par ces nouveaux meurtres. En bonus, la BO des Globins demeure sympathique.