Le secret de la Pyramide est une relecture originale et intéressante du célèbre personnage crée par Arthur Conan Doyle. Un Sherlock Holmes Origins en somme, mais bien avant que ce soit répandu dans les sagas cherchant à capitaliser sur la fan base. Un film qui rejoint la longue liste des échecs injustifiés en salle et boudés par le public. Il y a pourtant tout ce qui fait le sel et qui fonctionne et fonctionnera encore 20 ans plus tard dans le divertissement grand public. Rien d’étonnant lorsque l’on s’attarde sur l’équipe technique autour du projet.
Kathleen Kennedy, Frank Marshall et Steven Spielberg en tant que producteurs et dont la patte Amblin est indéniable. On peut aisément faire quelques parallèles avec Indiana Jones et le Temple Maudit. Bruce Broughton à la composition que je ne connaissais pas et pourtant dont le travail n’a rien à envier à un John Williams inspiré. Une grosse équipe technique d’effets pratiques et visuels avec un certain John Lasseter chez un petit studio nommé PIXAR pour une séquence en CGI. Le reste des trucages est généreux en visions quasi horrifiques et j’en suis sûr marquant pour tout une génération.
On retrouve également Chris Columbus à l’écriture, et dont les similitudes sont évidentes avec un certain Harry Potter. On pourra s’amuser de la ressemblance entre Alan Cox et Daniel Radcliffe. Ambiance de campus universitaire à l’anglaise, avec des élèves vivant des aventures extraordinaires. Enfin, le tout, chapeauté par un Barry Levinson dans sa jeune carrière mais préfigurant Good Morning Vietnam et Rain Man, deux ans plus tard.
Je regrette de découvrir sur le tard ce divertissement honteusement oublié (le jeune casting en a fait les frais pour le restant de leur carrière) et pourtant possédant de grande qualités. Je concède que la secte Égyptienne fasse un peu cheap, ne se mariant guère bien avec le Londres victorien et que l’enquête pure reste en retrait pour un Sherlock Holmes. Le trope de la femme éplorée est également trop utilisé dans son final. Mais l’écriture du personnage me paraît remarquable. Entre clin d’œil et hommage à l’œuvre, tout en donnant une réelle profondeur et mélancolie chez un adolescent en pleine construction.
Une pépite de divertissement méconnue à redécouvrir !